Congo-Kinshasa: Médecins sans frontières évacue temporairement Biakato en Ituri

Dans l'est de la République démocratique du Congo (RDC), en Ituri, Médecins sans frontières (MSF) a annoncé l'évacuation temporaire de son personnel de la région de Biakato à la suite de l'attaque du centre de santé de la ville le 3 décembre.

C'était l'attaque de trop pour MSF. Le 3 décembre, un groupe armé de bâtons et de machettes a pris d'assaut le centre de santé de Biakato. Si les agresseurs ne sont pas parvenus jusqu'au centre de traitement Ebola et si aucun blessé n'est à déplorer, précise l'ONG, il fallait prendre une décision.

Il ne s'agit pas de la première attaque de ce type dans la région. La même nuit, un autre groupe a attaqué la base MSF de Biakato Mines en jetant des pierres et dans la nuit du 27 au 28 novembre, une attaque meurtrière a été perpétrée contre des personnes travaillant dans le cadre de la réponse à l'épidémie d'Ebola.

Peur d'un retour de la maladie

Pour empêcher que la situation ne dégénère encore, le professeur Jean-Jacques Muyembe, coordinateur national de la riposte Ebola, en appelle notamment à la population. « Tout ce que nous disons c'est : accepter que le virus existe bel et bien, déclare-t-il. Là où nous avons obtenu la coopération, l'implication de la population, comme à Beni, à Mangina, nous arrivons vite à la maîtrise de la situation. Les chaînes de transmission sont rompues et il n'y a plus de cas. »

« Les cas que nous avons actuellement viennent plus ou moins de Luemba et de Biakato, qui cherchent les soins et qui sont acceptés à Beni ou à Butembo, poursuit le professeur Jean-Jacques Muyembe. Ce sont donc des endroits où le virus, en principe, ne circulait plus. Et nous avons peur que ces villes, Beni et Butembo, soient réinfectées et que la maladie refasse surface. »

Il demande donc à la population d'adopter la même attitude que celle des populations de Beni, de Butembo et de partout ailleurs où l'infection a été maîtrisée. « Ce n'est qu'avec l'implication de la population que nous pouvons arriver à maîtriser cette épidémie, sinon ça va être catastrophique », conclut le professeur Jean-Jacques Muyembe.

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