Congo-Kinshasa: Entrave à la liberté de la presse - Une caméra de CCTV confisquée à l'Assemblée nationale

L'Observatoire de la liberté de la presse en Afrique (Olpa), dans une correspondance du 7 décembre adressée à la présidente de la chambre basse du parlement, Jeanine Mabunda, exige la restitution du matériel de travail de la chaîne et des sanctions disciplinaires contre les auteurs de cet acte.

L'organisation de promotion et de défense de la liberté d'information, basée à Kinshasa, a tenu « à exprimer sa vive protestation après la confiscation du matériel de travail (caméra) de CCTV, station privée de télévision émettant à Kinshasa, par le service de sécurité de l'Assemblée nationale, le 4 décembre 2019. L'occasion faisant le larron, l'organisation sollicite votre intervention personnelle pour obtenir la restitution immédiate et inconditionnelle du matériel de travail détenu, en toute illégalité, par un de vos proches collaborateurs », a indiqué Olpa à l'endroit de Jeanine Mabunda.

Il lui est rappelé, dans la correspondance, que la confiscation du matériel de travail d'un professionnel des médias en plein exercice constitue une entrave à la libre circulation de l'information et porte gravement atteinte au droit d'informer et d'être informé garanti par la législation congolaise et les instruments juridiques internationaux relatifs aux droits de l'homme. L'organisation, qui se dit persuadée que la présidente de l'Assemblée nationale ne ménagerait aucun effort pour qu'une action disciplinaire soit diligentée contre les auteurs de cet acte, attend la restitution de cette caméra et les images du reportage effectué par le journaliste.

Dans cette correspondance signée par le secrétaire exécutif de l'Olpa, Alain Kabongo Mbuyi, au nom du comité exécutif, il est indiqué que cette caméra utilisée par le reporter de Canal Congo télévision (CCTV), Eddy Kabeya, a été confisquée lors de la plénière du 4 décembre par des membres de la sécurité de l'Assemblée nationale. Ces derniers ont accusé le journaliste d'avoir filmé l'altercation entre le vice-Premier ministre, ministre de l'Intérieur, de la sécurité et des affaires coutumières, Gilbert Kankonde, et deux élus de la province du Kongo central, Adrien Phoba et Papy Matezolo, qui lui reprochaient sa décision de réhabiliter le gouverneur Atou Matubuana, impliqué dans un scandale sexuel.

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