Sénégal: La photographe Adji Fatou Dièye interroge l'impact de la publicité sur l'imaginaire public

 Le travail de la photographe d'origine sénégalaise, Adji Fatou Dièye (sélection officielle de l'édition 2019 de la Biennale de Bamako), questionne la manière dont la publicité sur l'histoire économique et coloniale d'une partie de l'Afrique informe l'imaginaire public et la perception générale que ceux qui voient ces images ont d'eux-mêmes.

Dans sa présentation de pièces au Palais de la culture Ampathé-Bâ de Bamako, la jeune artiste (28 ans) propose une réflexion sur l'identité ou comment un produit - les cubes de bouillon Maggi - introduit en Afrique à la fin du 19e siècle est devenu un élément d'identification, à telle enseigne que les populations ne le considèrent pas comme venu d'ailleurs.

Adji Fatou Dièye critique "les normes culturelles qui créent des rôles de genre stéréotypés et envisage Maggi Cube comme une enquête sur les archétypes visuels qui interviennent dans la construction de la subjectivité pour les femmes ouest-africaines en particulier". "Le projet détourne, à travers un leurre publicitaire, l'histoire économique et coloniale du produit alimentaire populaire", analyse-t-elle.

Il s'agit, a expliqué Dièye, d'aborder "la représentation visuelle et la marchandisation de l'identité", pour tenter la subversion d'une image fictive créée "à des fins de propagande par le biais des relations publiques, par les médias de masse tels que les panneaux d'affichage".

Adji Fatou Dièye mène ce travail avec ses propres créations, construites dans son atelier avec des sujets dont les portraits sont mis en scène dans un monde où le réel et le fantastique se croisent sur fond de couleurs vives (le rouge et le jaune notamment). La démarche de la photographe offre à voir une séparation du premier et de l'arrière-plan pas très nette, ce qui crée une planète singulière pour le visiteur.

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Plus de: APS

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