Burkina Faso: Marathon Paalga du Grand-Ouaga - Soumaïla Traoré de la Côte d'Ivoire en 2 heures 19 mn...

L'édition 2019 du Marathon Paalga du Grand Ouaga s'est courue le samedi 7 décembre 2019 à travers les artères de la capitale sur une distance de 42,195 km. Des 329 athlètes alignés au départ, ils seront 102 à boucler la distance. Et le vainqueur de cette épreuve, désormais co-organisée par L'Observateur paalga et la mairie de Ouagadougou, est l'Ivoirien Soumaila Traoré. Il s'est imposé en 2h 19 mn 55s devant l'Ethiopien Malane Haimanot et le Ghanéen Malik Yakubu. Le vainqueur a reçu en plus du trophée, la somme de 3 000 000 de FCFA, au cours d'une soirée de gala retransmise en direct à la télévision nationale.

Le marathon de L'Obs., communément appelé Ouaga-Laye renaît de ses cendres. Tel un phénix, cette compétition sportive qui avait vu le jour en 2008 lors des 35 ans de L'Observateur paalga, revient dans une forme très olympique et prometteuse. Mieux, avec le partenariat entre le doyen de la presse écrite burkinabè et la mairie de Ouagadougou, cette course de fond, baptisée Marathon Paalga du Grand-Ouaga, a bouclé sa première édition.

Le samedi 7 décembre, devant les locaux de L'Obs., 329 concurrents prenaient le départ pour faire le tour de la capitale. Devant eux, se dressaient une muraille de 42,195 km.

Déjà à 5 heures du matin, le comité d'organisation s'affairait pour donner un cachet particulier à cette renaissance. Mais avant que les prétendants venus d'une dizaine de pays ne s'élancent, les promoteurs que sont Edouard Ouédraogo et le maire Pierre Armand Béouindé, ainsi que le parrain Apollinaire Compaoré, PCA du Groupe Planor Afrique et d'autres invités, ont eu le semblant de levée de rideau. Simon Compaoré, le président par intérim du MPP était de la partie. Inutile de dire que ces autorités n'ont pas fait plus de... 20 mètres de course.

6h 30 : place aux choses sérieuses. Du coup de pistolet donné par le parrain, la meute de concurrents est lâchée. Beaucoup qui s'étaient inscrits, en raison sans doute du froid, n'ont pas pu respecter la ponctualité. Qu'à cela ne tienne, 329 concurrents ont démarré la course. Ces prétendants aux 3 000 000 FCFA de récompensant le vainqueur vont se fondre dans les artères de la ville de Ouagadougou. Les plus en vue étaient les Ethiopiens, les Ghanéens, les Nigériens, les Béninois, l'Ivoirien Soumaïla Traoré, le Marocain Khalid Lablaq... D'ailleurs le dernier nommé va progressivement afficher ses ambitions. Habitué au Ouaga-Laye après, à peine 6 km de course, il prenait déjà une bonne option sur les autres, notamment l'Ethiopien Haimanot Malane Matbe, le Ghanéen Malik Yakubu et le Sénégalais Christian Manga. Lorsque les hommes de tête amorcent le virage de Tabtenga pour arriver à Saaba, ils sont rejoints par l'Ivoirien Soumaïla Traoré. Entre temps, le Sénégalais, victime d'un malaise, lâche prise.

Les athlètes étrangers écrasent la course

A partir de ce moment et précisément au km 19,5, la décantation est faite. Direction, l'échangeur de l'Est. On est à la moitié de la course. Les hommes de tête, vont se relayer à l'avant. Cependant, au km 22,5 juste derrière le mur de la clinique Notre-Dame de la Paix, le Marocain est largué. Le trio à l'arrivée se dessinait. Soumaïla Traoré, Haimanot Matbe et Malik Yakubu descendent de l'échangeur du Nord en direction de l'Ecole nationale de police. Le natif d'Abidjan avait tué la concurrence. Il franchit en solitaire la ligne d'arrivée devant la cathédrale Notre-Dame de l'Immaculée Conception après 2h 19 mn 55s. Grande était sa joie car il savait qu'il empocherait un pactole jamais égalé en Afrique de l'Ouest dans un marathon. Il avait encore les ressources pour s'exprimer. «Je me suis donné à fond. Je n'avais pas peur en venant ici. Le marathon c'est différent des courses de 400 m. C'est l'expérience et il faut être vigilant. Ce n'est pas le départ qui compte. Je suis content de mon temps et me prépare pour les compétitions olympiques. Je me sens ici comme chez moi car ma mère est Burkinabè», a conclu ce champion qui s'entraîne depuis un an au Kenya.

Derrière lui 101 athlètes dont 8 femmes vont franchir la ligne dans le temps réglementaire imposé par la direction de la course. Le premier Burkinabè est Emile Bonkoungou. Il est arrivé au 12e rang avec un temps de 2h 58 mn 25s. Cet enseignant d'EPS au lycée départemental de Banzon dans le Kénédougou était tout de même mécontent de son temps. «Nous allons travailler à améliorer nos performances. Je lance une invite à tous les Burkinabè à s'inscrire lors de la prochaine édition. Chacun doit faire au moins un marathon dans sa vie pour s'amuser, se faire plaisir et rester en bonne santé », a suggéré le prof d'EPS.

Le parrain, l'administrateur général du Groupe Planor Afrique, Apollinaire Compaoré a salué la combativité des compétiteurs et a assuré les organisateurs de son soutien les années à venir. Et le directeur de publication de L'Observateur Paalga, Edouard Ouédraogo, d'ajouter que la tenue de ce marathon est une victoire du Burkina sur beaucoup de choses. «On a accueilli de nombreuses nationalités. C'est la preuve que notre pays, comme tout autre, est une destination sûre, avec bien sûr tous ces aléas comme partout ailleurs. Je félicite tous les athlètes qui nous ont fait l'honneur de participer», s'est-il réjoui.

Place au gala pour la récompense

Le clou de l'évènement a été la soirée mondaine qui a été organisée dans le jardin de l'hôtel de ville. Ce gala, retransmis en direct sur les antennes de la RTB/Télé a permis de récompenser les performances des plus méritants. Du 20e au 1er au classement officiel, en passant par les prix spéciaux, des lots en nature et en espèces ont été distribués. Ils vont de 3 000 000 de FCFA pour le vainqueur à 25 000 pour le 20e (voir encadré)

Mais avant la consécration des meilleurs, l'hôte des lieux, Armand Béouindé, a salué la participation de tous. « La nouvelle vision sportive de la ville de Ouagadougou, c'est de donner un rayonnement à notre capitale. Notre ville a connu plusieurs crises mais la reprise de ce marathon est un signal fort. Malgré les signaux rouges, vous avez cru en nous et vous avez démontré que notre pays est fréquentable », a-t-il dit. Et le président du comité d'organisation, Ousséni Ilboudo, de se laisser dire que l'idée d'organiser cette épreuve est aussi vielle que L'Observateur paalga. « Elle a aussi germé dans les années 1970 dans l'esprit des concepteurs du canard qui était adossé plutôt confortablement aux 3S, le groupe de feu Martial Ouédraogo, l'un des tout premiers capitaines de l'industrie du Burkina. L'ambition était de rallier la capitale à Kombissiri. Le projet n'a pas pu voir le jour jusqu'en 2008, car le choix de Laye s'est imposé pour symboliser notre rubrique fétiche de vendredi », a-t-il confié, tout en précisant que c'est une nouvelle foulée qui vient de voir le jour grâce au partenariat avec la mairie de Ouaga et les sponsors.

En plus de Soumaila Traoré, grand vainqueur de la course, ils sont nombreux, ceux qui sont retournés chez eux avec le sourire. Contents pour certains d'avoir bonifié leurs efforts, tristes pour d'autres de n'avoir pas pu boucler la distance officielle. C'est ça aussi la beauté du marathon.

Prix spéciaux

Le premier Burkinabè au classement, Emile Bonkoungou, est bénéficiaire d'un compte bancaire crédité de 75 000 F CFA, offert par la Banque de l'union/Burkina Faso (BDU-BF). Le même sponsor est donateur d'un compte crédité de 50 000 F au plus âgé des marathoniens, Anatole Gouba, et de 25 000 F CFA au leader du classement général, Soumaïla Traoré.

Les meilleurs marathoniens hommes et dames non burkinabè ont été encouragés par le ministère de l'Intégration africaine et des Burkinabè de l'étranger. Ainsi, en dehors des trophées, Soumaïla Traoré et Zeytuna Mude empochent chacun 500 000 F CFA.

Le premier et la première Burkinabè au classement général, Emile Bonkoungou et Samatou Tindé, ont reçu chacun une moto offerte par WATAM Kaïzer.

Pas d'incident majeur

La grande inquiétude du Comité d'organisation du Marathon Paalga du Grand-Ouaga résidait dans la sécurisation des athlètes à travers tout le parcours. Car en plus de veiller sur leur sécurité, il fallait leur offrir un espace de course qui garantisse l'intégrité physique des marathoniens. C'est ainsi que la Commission sécurité et celle santé ont pu travailler en parfaite intelligence pour minimiser les accidents. Et ceux qui ont eu des soucis ont été convenablement pris en charge tout au long du parcours ; foi du responsable chargé de la santé, Mahamadou Traoré, avec des précisions à l'appui : « Le dossard 452 a reçu des soins pour gonalgie et crampes. 3 autres ont aussi souffert de crampes. Quant au dossard 060, il s'est plaint de claquage mou. On a enregistré également 2 marathoniens renversés par des motocyclistes, mais ce fut sans grande incidence. Et pour finir, l'un des athlètes maliens, Aboubacar Soumaré, a été pris en charge pour raison d'hypoglycémie, autrement dit, il souffrait d'un faible taux de sucre, la principale source d'énergie du corps». On peut donc souffler un ouf de soulagement.

Arrivée 3e au classement des dames, la Ghanéenne Ramata Abdulaï a impressionné plus d'un par son jeune âge (17 ans) et ses performances. Elle a dû insister pour être prise en compte sur la ligne de départ, car elle n'est pas majeure. Le comité d'organisation lui a accordé une dérogation, car quelques jours plus tôt, sa participation n'était pas gagnée d'avance. Il a fallu moult démarches avec le Comité technique pour qu'elle soit enregistrée. Bien qu'elle ait fait un temps de 3h 17 mn 44s, son coach, Thomas Dome, estime que son athlète aurait pu faire mieux si sa préparation physique avait été optimum. Ramata n'est pas à son premier haut fait d'armes. Son entraîneur nous a confié qu'elle a plusieurs fois été sur la plus haute marche du podium à différentes compétitions, notamment de semi-marathons. Et dire qu'elle a dormi à la belle étoile pendant 3 nuits dans les locaux de L'Observateur paalga, ainsi que 3 de ses compatriotes n'étant pas venus sous le couvert du comité d'organisation. Sa petite sœur Belinda Segbobi n'a pas eu la même chance qu'elle, car comme elle n'a que 14 ans, la commission technique n'a pas donné une suite favorable à son inscription.

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