Maroc: L'abrogation des lois "liberticides", sujet d'une pétition déposée au Parlement

Selon l'Agence France Presse, les infractions pénales portant sur les libertés individuelles sont au cœur d'une pétition déposée auprès du Parlement par un collectif marocain, avec pour objectif l'abrogation pure et simple de ses infractions du Code pénal marocain.

Cette information a été annoncée vendredi dernier par le collectif en question, via communiqué. «Nous venons de déposer une pétition auprès de notre Parlement (...) où nous proclamons haut et fort que l'amour n'est pas un crime», précise le collectif dit des « Hors-la-loi ». Mise en ligne sur le site "collectif490", en référence à l'article 490 du Code pénal, lequel, précisons-le, « punit d'emprisonnement d'un mois à un an toutes personnes de sexe différent qui, n'étant pas unies par les liens du mariage, ont entre elles des relations sexuelles », cette pétition a fait le tour de la Toile et fut partagée massivement afin de récolter les 5000 signatures de personnes inscrites sur les listes électorales pour être prise en compte et discutée au Parlement.

"Nous avons aussi reçu des centaines de témoignages attestant de la difficulté d'être et de s'épanouir dans ce pays, en premier lieu à cause de ces lois", ajoute le collectif dans le communiqué accompagnant la pétition, tout en rappelant que «des jeunes des quatre coins du Royaume nous ont écrit pour nous raconter le harcèlement dont ils ont été victimes, des femmes nous ont relaté l'humiliation et les paroles offensantes qu'elles ont subies »

En faisant référence aux recommandations "novatrices" et "audacieuses" du CNDH, l'ONG Human Rights Watch a estimé mercredi que «les lois portant atteinte à la vie privée et à la liberté de conscience doivent être abrogées», apprend-on auprès de l'AFP, qui évoque par la même occasion un projet de réforme du Code pénal, en cours d'examen au Parlement. En tout cas, le Conseil national des droits humains (CNDH) aurait récemment adressé au Parlement un mémorandum dans lequel il « plaide pour un Code pénal qui protège les libertés ».

Pour rappel, le collectif 490 dont les écrivaines Leila Slimani et Sonia Terrab font partie des membres fondateurs, a vu le jour il y a quelques mois de cela, afin de protester contre l'arrestation de Hajar Raissouni pour "avortement illégal" et "relations extraconjugales". Condamnée fin septembre à un an de prison ferme, elle a depuis été graciée par Sa Majesté le Roi Mohammed VI.

Si l'on en croit l'AFP, le sujet des libertés individuelles est capital surtout lorsque l'on sait qu'en 2018, la justice aurait poursuivi 14.503 personnes pour débauche, 3.048 pour adultère, 170 pour homosexualité et 73 pour avortements.

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