Maroc: Le Polisario sur la sellette

Après l'Espagne et le Canada, c'est la MINURSO qui attire l'attention sur l'insécurité régnant dans les camps de la honte

La guerre fratricide entre les Rguibat ajoute au désarroi des séparatistes

Bien que les autorités algériennes aient démenti l'information selon laquelle elles auraient, elles-mêmes, mis en garde contre les risques d'insécurité dans les camps de Tindouf, la MINURSO a néanmoins pris la décision de déléguer l'un de ses généraux pour débattre de la question avec le Polisario.

Cette décision a fait suite à l'alerte donnée par le ministère espagnol des Affaires étrangères à ses ressortissants d'éviter de se rendre dans les camps de Tindouf qui avait suscité une vive réaction de la direction séparatiste qui a crié au complot fomenté par le Maroc.

Mais une semaine plus tard, elle est revenue à la raison, et a fini par accepter d'examiner avec la mission onusienne la question des risques imminents d'attentats terroristes et d'enlèvement d'étrangers dans les camps qui a fait l'objet des réactions espagnole et canadienne.

«Les menaces étaient en effet au cœur d'une réunion tenue mardi 3 décembre au camp Rabouni, entre un général chargé des questions sécuritaires à la MINURSO, et de hauts gradés du Front», nous rapportent des sources des camps.

«Le militaire a transmis à ses interlocuteurs les préoccupations des Nations unies quant à d'éventuelles infiltrations de djihadistes provenant du Mali, et fuyant les frappes de l'armée française dans la région vers les camps de Tindouf.»

Des médias desdits camps ont fait état à ce propos de l'enrôlement de jeunes Sahraouis dans les rangs de groupes terroristes. C'est d'ailleurs ce qui ressort du reportage réalisé en septembre 2017 par certains de ces médias.

La liaison entre le mouvement séparatiste de Brahim Ghali et les djihadistes, longtemps dénoncée par les médias marocains et étayée par la récompense de 5 millions de dollars annoncée, vendredi 4 octobre dernier, par le Département d'Etat américain en échange d'informations permettant d'identifier ou de localiser Adnan Abou Walid al-Sahraoui, un ancien membre du Polisario, devenu chef de l'Organisation Etat islamique dans le grand Sahara, est venue confirmer cette connexion souvent démentie par la direction du Polisario.

Le représentant de la MINURSO a profité de la rencontre du mardi pour aborder la présence d'éléments armés du Front dans les zones tampons et la situation à El Guerguarat. Il a également saisi l'occasion pour annoncer l'installation d'un nouveau poste d'observation militaire de la mission à l'Est du mur de sécurité.

L'émissaire de la mission onusienne a également soulevé la question du lieu choisi par le Polisario pour organiser son soi-disant 15ème congrès, prévu du 19 au 23 décembre à Tifariti, à l'Est du mur de sable.

Cette rencontre s'est déroulée alors que les camps de Tindouf étaient secoués par de violents affrontements entre deux fractions de la tribu Rguibat.

Ces affrontements ont éclaté dimanche 1er décembre dans la localité dite "Dairat de Mahbes" au camp de «Smara», entre les fractions "Labouihat" et "Oulad Moussa"

A l'origine de la confrontation, une dispute entre deux familles issues de ces fractions d'une même tribu, au sujet d'un lot de terrain situé au lieu-dit de «Dairat».

Le bilan s'est établi, selon nos sources, à plusieurs blessés parmi les belligérants et à d'importants dégâts matériels dont une maison incendiée.

Alors que les Bouihat et leurs cousins les Oulad Moussa se mesuraient à coup de gourdins, des contestataires ont investi le siège de la prétendue présidence et les bureaux du chef du Polisario pour réclamer la libération de l'un des leurs dont Brahim Ghali avait promis la révision du procès mais n'a pas honoré sa parole.

Selon le Forum de soutien aux autonomistes de Tindouf (Forsatin), «le prisonnier en question est incarcéré depuis fin 2017 et purge une peine de 6 ans de prison ferme pour détention et trafic de drogue alors que les preuves démontrent qu'il n'a aucun lien avec la livraison de stupéfiants opérée par des narcotrafiquants dont l'un a été mystérieusement innocenté et un autre évadé de l'hôpital de Tindouf où il a été admis avec la complicité de l'un des dirigeants du Polisario.

Convaincus de l'existence de liens étroits entre le Polisario et les trafiquants de drogue auxquels il apporte son soutien et nombre de facilités, la famille et les proches du détenu en question ont menacé «d'intensifier les protestations et de recourir à d'autres formes de contestation plus radicales jusqu'à la satisfaction de leur revendication, voire de boycotter le prochain congrès du Polisario», conclut Forsatin.

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