Congo-Kinshasa: Danger des produits à base d'Hydroquinone - ANGEL COSMETICS indexé !

La santé n'a pas de prix, dit-on. Mais, en République démocratique du Congo, cette maxime est visiblement ignorée du fait que les lois sur la santé publique ne sont, manifestement, pas respectées par certaines sociétés opérant en RD-Congo.

C'est le cas, soutient un dermatologue qui a requis l'anonymat, de la société "Angel Cosmetics de Hassan Salhab et son fils et de tant d'autres usines qui multiplient la fabrication des laits de beauté contenant de l'hydroquinone. Et pourtant, ces produits sont strictement prohibés par la loi congolaise du 27 juin 2006 portant interdiction de la fabrication, de l'importation, de la distribution ou de la vente en gros et en détail des produits cosmétiques à base d'hydroquinone. Au su et au vu des autorités de la République démocratique du Congo, regrette le dermatologue, ces produits sont fabriqués à foison à la 17ème Rue Limete/Industriel, sans aucune interpellation des ministères de la santé publique et de l'industrie. Certains services qui ont les prérogatives de faire appliquer cette loi regardent plutôt ailleurs.

Où serait passé l'Office Congolais de Contrôle ? S'interroge notre interlocuteur qui, plus est, insinue qu'une bouche pleine ne parle pas. La preuve, rappelle-t-il, une congolaise a été interceptée dernièrement à l'aéroport Roissy Charles de Gaule, en France, avec une quantité importante de produits à base d'hydroquinone en provenance de la RDC, pour approvisionner les noirs vivant dans l'hexagone. Cela prouve à suffisance, renchérit-il, qu'au niveau local, le danger n'inquiète même pas outre mesure la police des frontières notamment, celle de l'aéroport international de N'djili censée saisir ces genres de marchandises qui détruisent la peau, avec des conséquences très néfastes sur la santé, en général.

Les dermatologues sont unanimes, à savoir que la dépigmentation de la peau provoquée par l'hydroquinone peut, manifestement, provoquer des troubles parfois gynécologiques et autres. D'autres conséquences sont évoquées par certaines observations obstétriques qui parlent de cycle menstruel irrégulier, des naissances prématurées ou encore un risque de stérilité.

Dommage qu'en République démocratique du Congo, les sociétés qui fabriquent ces produits sont plutôt facilitées dans leur travail, avec la bénédiction des autorités congolaises qui sont aveuglement embarquées dans cette aventure qui met en danger la santé des paisibles citoyens congolais.

Et pourtant, sous d'autres cieux, ces produits sont strictement interdits. Au Congo-Kinshasa, cette interdiction ne se limite qu'au niveau de la loi.

Dans la pratique, c'est tout à fait le contraire. Pour la simple et bonne raison que la Société Angel Cosmetics, dirigée par la Famille Salhab, Hassan et son fils Ali Salhab, opère à ciel ouvert, et ces derniers vivraient en véritables intouchables, sans se soucier du danger que courentt les femmes congolaises. Ces expatriés fouleraient-ils au pied les lois congolaises, en fabriquant et en vendant les laits de beauté Caro Light et Caro White qui contiennent, particulièrement, de l'hydroquinone ? Le comble, c'est que l'argent de la destruction de la peau ou de la vie des congolaises et congolais enrichit, impunément d'ailleurs, les auteurs de cette forfaiture qui, en sus, ont créé d'autres sociétés telles que Plast et Palmeco qui violent la loi sur l'interdiction de vente en détails, vocifère le médecin dermatologue qui, vraisemblablement, en a ras-le-bol. Et pourtant, poursuit-il, dans la loi du 27 juin 2006, le législateur prévoyait un contrôle permanent au sein de la Direction de la Pharmacie et du ministère de la santé pour saisir et détruire tous les produits contenant de l'hydroquinone dans tous les établissements.

A en croire les responsables du fisc, cette société cosmétique ne paie pas d'impôts au niveau de la DGI.

Comme pour dire qu'Angel Cosmetics et tant d'autres usines à blanchir la peau continuent à défier les lois congolaises et ses autorités actuelles qui, coûte que coûte, veulent faire de la RDC un véritable Etat de droits.

Autres dangers

L'usage abusif de ces produits, expliquent plusieurs experts, causerait aussi d'autres maladies, telles que des maladies ophtalmologiques et le cancer de la peau. C'est dire que les femmes qui utilisent l'hydroquinone, d'après les spécialistes, ont 90% de probabilité de mettre au monde des enfants qui auront, à la longue, des problèmes de vue. Actuellement, l'on a constaté que beaucoup de jeunes et adolescents consultent les ophtalmologues et portent des lunettes tôt. Preuve de plus que des conséquences à la longue seront encore plus désastreuse.

"Nous ne stigmatisons personne, mais nous voulons informer de la nocivité des produits contenant de l'hydroquinone et des corticostéroïdes. La bataille risque d'être rude car, il y a des ministres, des députés et tant d'autres personnes non avisées qui se dépigmentent. C'est un phénomène qui touche toutes les couches de la population (des médecins aux analphabètes). Il faut, par ailleurs, sensibiliser les industries qui produisent ces crèmes et les médias qui en font la publicité, pour sauver des vies des congolais et congolaises", a souligné notre interlocuteur.

Cancer, mélanine...

La dépigmentation, il est prouvé aujourd'hui scientifiquement, favorise le cancer de la peau. Ce n'est pas tout. Elle détruit également la mélanine qui est une substance de la peau qui protège contre les rayons solaires et donne la coloration de la peau.

Sous l'effet de la dépigmentation artificielle, la mélanine est supprimée. Elle rend ainsi la peau plus fragile et exposée à tous les dangers. C'est ce qui fait que la peau soit éclaircie et vieillit par manque de collagène, à l'insuffisance de la vitamine D qui fortifie la peau. Or, Dieu a doté l'être humain de la mélanine pour la protection contre les microbes et pour rajeunir. Selon la médecine, le manque de la mélanine est une maladie.

Aussi, l'hydroquinone touche la structure du mélanocyte qui une cellule qui pigmente la peau ou les plumes de vertébrés qui manque, généralement, chez les albinos.

"En ce qui concerne les glandes surrénales, avec l'utilisation des corticoïdes (tubes) qui ont plus l'hydroquinone, il y a un passage automatique jusqu'aux reins, ce qui provoque la stérilité chez les femmes du fait que les produits entrent à l'intérieur du corps de la femme", évoque, pour sa part, un gynécologue.

Autres Complications

Dommage qu'à Kinshasa, être belle, c'est avoir la peau claire, croient certaines femmes. En ignorant que la dépigmentation peut rendre stérile et favoriser les avortements si cela est utilisé dans la partie intime. Elle peut favoriser les naissances prématurées. Encore que lorsque la femme n'arrive pas à accoucher par voie basse, une césarienne s'impose. Le pire ce qu'après, soit l'utérus refuse de se refermer, soit le chirurgien a du mal à refermer le ventre, car la peau ne peut être recousue à cause de l'utilisation de l'hydroquinone. Cette dépigmentation est également à la base du taux élevé de la mortalité maternelle. Or, il n'y a pas longtemps qu'une campagne de sensibilisation a été amorcée pour lutter contre l'utilisation de l'hydroquinone en RDC. Mais, la Société Angel Cosmetics ne cesse de fabriquer ses produits nocifs.

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