Congo-Kinshasa: L'IITA sensibilise sur l'usage du séchoir artificiel

9 Décembre 2019

La République Démocratique du Congo est le deuxième pays producteur du manioc en Afrique. Et, le manioc est l'une des principales denrées alimentaires congolaises, dont la production est d'environ 35 millions de tonnes par an.

Sur le plan continental, la première place est occupée par le Nigeria dont la production est évaluée à plus de 40 millions de tonnes par an. Cependant, la production de ladite denrée alimentaire fait face à de nombreux problèmes dus notamment à la rareté des matériels. Des recherches ne cessent d'être menées en vue d'améliorer la productivité du manioc dans le monde. Ainsi pendant près de cinq ans, les experts de l'IITA, en collaboration avec l'International Center for Tropical Agriculture (CIAT) et la Recherche Agronomique pour le Développent (CIRAD), ont mené des études pour palier les difficultés auxquelles sont confortés les cultivateurs et producteurs du manioc dans le monde, surtout pour le séchage, qui nécessite généralement un grand espace en cas de grande récolte. Ils ont réussi à mettre sur pied un séchoir artificiel à moyenne échelle, qui s'appelle «Cassava Flash Dryer".

C'est au cours d'un atelier d'information animé par le chercheur en technologie alimentaire, le Dr Thierry Tran, et organisé par l'IITA /RDC en faveur des partenaires techniques et financiers, le vendredi 06 décembre 2019, que des membres du gouvernement, des experts, des producteur et professionnels des médias congolais ont été renseignés sur l'existence dudit séchoir, qui permet de transformer et améliorer la qualité de la farine paniable de manioc et de l'amidon, de manière directe, et de la farine du fufu de manière indirecte, après le rouissage.

En effet, cette rencontre avait comme objectif de sensibiliser les parties-prenantes de l'IITA en général et les transformateurs en particulier sur l'existence d'un séchoir flash à haut rendement énergétique, économique en carburant et contribuant à l'amélioration de la qualité de la farine de manioc et de l'amidon. Il s'agissait aussi d'expliquer aux parties prenantes d'autres activités à mener simultanément afin de créer un environnement favorable aux entrepreneurs (possibilité de prêts, réduction des coûts de production, etc.).

Aperçu historique du «Flash Dryer» du manioc

Le « Flash dryer » du manioc avait commencé à être utilisé en Asie avec des unités qui produisent au moins 100 tonnes d'amidon par jour. Il a été par la suite introduit en Afrique pour de petites unités de 1 à 2.5 tonnes par jour. Cette technologie a posé beaucoup de problèmes d'aptation. Plusieurs de ces machines ne fonctionnaient pas ou fonctionnaient en consommant beaucoup de carburant.

Pour palier cette situation, l'IITA avec ses partenaires ont proposé un modèle adapté qui consomme moins d'énergies et coûte moins cher. Il permet d'obtenir des farines de bonne qualité. A titre illustratif, 1 ha de terre produit en moyenne 2 tonnes de manioc frais et cela donne 4 tonne de farine.

Selon Thierry Tran, ingénieur agronome, ce séchoir permet d'augmenter la productivité du manioc, tout en réduisant le coût de la production. Avec cette machine, l'on peut produire une ou deux tonnes du manioc par jour contrairement au séchage au soleil des micro-cossettes, a-t-il indiqué.

« Le séchoir apparaît être une solution intéressante pour la filière manioc au Congo. Avec un séchoir Flash, on peut augmenter la capacité de production. Donc, augmenter la demande pour les racines de manioc et éventuellement créer des emplois pour les agriculteurs dans les zones rurales. Un séchoir artificiel permettait de tout sécher sur une surface réduite et donc, de lever ce verrou à l'augmentation de la production » a fait savoir l'expert.

Dans cette même logique, Thierry Tran a par ailleurs assuré que ce dispositif, composé d'un gros tube, produisant une chaleur d'environ 200°, produit de la farine du manioc pure et non-contaminée grâce aux précautions prises en amont. Ce qui constitue un avantage par rapport au séchage au soleil où le produit peut être contaminé par la poussière.

« On prend toutes les précautions nécessaires pour s'assurer que l'air qui entre dans le séchoir n'est pas contaminé. On pose un filtre pour arrêter les impuretés. Tant que le produit est dans le séchoir, il ne peut pas être contaminé. Il est collecté directement dans les sacs qui empêchent toute contamination », a indiqué Thierry Tran.

«Cassava Flash Dryer», dont la durée est de 10 ans, est estimé entre 30 et 35 mille dollars américains. Selon lui, la somme investie est récupérable dans un espace de 2 à 3 ans.

En effet, la RDC mettant en avant l'option d'industrialiser son agriculture, il a intérêt à s'approprier cette technologie pour se hisser dans les rangs de grands producteurs mondiaux de la farine du manioc.

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