Madagascar: Concertation sur les Îles Eparses - La souveraineté nationale comme mot d'ordre

Le Premier ministre Ntsay Christian appelle au Fihavanana et à la solidarité de tous les Malgaches.

Coup d'envoi hier de la concertation nationale sur les Îles Eparses organisée par le gouvernement. Une concertation intitulée « Dinika Nosy Malagasy : Ampitao ny hevitrao ». Toutes les forces vives de la Nation ont été invitées à participer à cette conférence qui durera trois jours. L'objectif est simple : associer tous les citoyens malgaches au processus de revendication des Îles malgaches de l'Océan Indien. Toutes les régions et tous les districts de la Grande île sont représentés au Centre de Conférence Internationale d'Ivato. « La réclamation de ces îles n'est pas uniquement une affaire de l'Etat et/ou des tenants du pouvoir, c'est une affaire qui concerne tous les malgaches », a déclaré le Premier ministre Ntsay Christian qui estime que « cette rencontre constitue une occasion de prouver que les Malgaches sont unis et solidaires face à ce dossier ». Il convient de noter toutefois que, cette concertation nationale a été boycottée par l'opposition, notamment par Marc Ravalomanana et Hery Rajaonarimampianina qui se sont rencontrés en France. Une rencontre qu'un des leaders du parti Otrikafo considère d'« antipatriotique ». « Au lieu de soutenir la démarche malgache, ils choisissent de se rendre à l'Hexagone pour défendre les intérêts de la France », a-t-il soutenu.

A noter toutefois la présence des acteurs politiques qui ont toujours milité pour la revendication des îles malgaches de l'Océan Indien, en l'occurrence Arlette Ramaroson et le Pasteur Mailhol. Quoiqu'il en soit, pour ceux qui étaient présents hier au CCI Ivato, le mot d'ordre pour ce combat pour la restitution des Îles Eparses est la souveraineté nationale. Toutes les interventions ont été axées là-dessus. Avant d'engager toute négociation sur une éventuelle gestion ou cogestion, la France doit d'abord reconnaître la souveraineté de Madagascar sur les îles Glorieuses, Juan de Nova, Europa et Bassas da India. Le Premier ministre Ntsay Christian a cependant tenu à sensibiliser le peuple malgache à prioriser les démarches pacifiques.

Provocation. A l'allure où vont les choses, le dossier Îles Eparses risque de se compliquer davantage. Et ce, dans la mesure où la France et Madagascar revendiquent chacun sa souveraineté sur ces îles. La semaine dernière, le président français Emmanuel Macron a publié un tweet annonçant la mise en place dès l'année prochaine, d'une station de recherche au niveau des Îles Eparses. Une déclaration perçue, côté malgaches, comme « de la provocation ». D'autant plus que ce n'est pas la première fois que le numéro Un français fait une déclaration de ce genre. Le 24 octobre dernier, il a déclaré « Ici c'est la France » durant une visite à l'île La Glorieuse. A l'issue de la première rencontre de la Commission mixte qui s'est déroulée au Palais d'Andafiavaratra, les deux délégations ont acté sur l'existence d'un différend à propos de la question de la souveraineté. C'est ce qui a été annoncé dans le communiqué conjoint. Quid alors de la résolution des Nations-Unies n°34/91 du 12 décembre 1979, qui incite la France à restituer ces îles à Madagascar? A l'issue des trois jours de concertation nationale au CCI Ivato, un document de synthèse des propositions sera remis au président Andry Rajoelina.

Soutien populaire. Face à la difficulté de la revendication, le locataire de Mahazoarivo appelle au Fihavanana, à la solidarité et à l'unité de tous les Malgaches. En effet, le président Andry Rajoelina devrait bénéficier d'un soutien populaire en tant que premier président de la République à avoir osé depuis soixante ans d'indépendance, à se rendre au Palais de l'Elysée pour réclamer officiellement les Îles Eparses. D'ailleurs, l'existence d'un engouement populaire sera un atout considérable pour Madagascar, car nul n'ignore que de son côté, le président français Emmanuel Macron, faisant face actuellement à de nombreux mouvements de contestation dans son pays, ne bénéficie pas du soutien de son peuple sur le dossier Îles Eparses. Aux yeux des français, il y a d'autres priorités que de se soucier des Îles Eparses qui se trouvent à des milliers de kilomètres.

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