Congo-Brazzaville: Milieu carcéral - Des mineurs détenus dans des mauvaises conditions

La dénonciation a été faite, le 9 décembre à Brazzaville, lors de la journée de réflexion initiée par l'organisation non gouvernementale Action des chrétiens pour l'abolition de la torture au Congo (Acat), que dirige Christian Loubassou.

Les mauvaises conditions de détention des mineurs au Congo ont été décriées par les différents intervenants, notamment le président de l'Acat, Christian Loubassou, dans sa communication sur « La problématique du respect des garanties judiciaires chez les détenus mineurs : cas des prisons de Brazzaville et de Pointe-Noire ». Il a expliqué que d'après l'enquête réalisée en juillet et août de l'année en cours, les cas de détention des mineurs concernent le viol, le vol, le meurtre et coups volontaires, association des malfaiteurs et bien d'autres.

Selon lui, le principe de garde-à-vue n'est pas respecté en ce qui concerne les mineurs qui n'ont droit à un jour au lieu de soixante-douze heures comme le révèle l'enquête. Ces enfants sont privés de liberté sans que certaines règles soient respectées comme le droit de recevoir des soins. Ils subissent des tortures dans les commissariats et sont privés de loisir, de matériel didactique, d'éducation ainsi que de toute forme de soutien psychologique, physique et juridique dont ils pourraient avoir besoin, à en croire Christian Loubassou.

La présidente du Tribunal des enfants, Nathalie Makani-Nka, a renchéri dans sa communication sur « La problématique de détention des mineurs en République du Congo : état des lieux et perspectives », montrant que les conditions de détention au Congo ne remplissent pas les critères internationaux.

Au total, a-t-elle fait savoir, quatre-vingt-cinq enfants sont incarcérés à la maison d'arrêt de Brazzaville dont quarante-quatre sont des récidivistes. Elle a, par ailleurs, indiqué que les enfants sont incarcérés non pour recevoir des sanctions mais pour l'éducation. « Les mineurs sont parfois enfermés avec les adultes à la maison d'arrêt par manque de centre de détention des mineurs. Ils vivent dans de mauvaises conditions d'hygiène, souffrent des maladies de la peau et ne bénéficient pas d'une prise en charge des psychologues et bien d'autres », a-t-elle déploré.

Les orateurs ont émis le souhait d'une prise en charge pour ces mineurs en épargnant personne du droit à l'éducation car à la maison d'arrêt, ce ne sont que des mineurs en classe des examens qui ont droit à la poursuite de leur scolarité.

La journée réflexion a été organisée sur le thème « Trente ans après l'adoption de la convention internationale des droits de l'enfant, quelles garanties pour les détenus mineurs en République Congo ? », en prélude à la célébration de la Journée internationale des droits de l'homme et en rapport avec le tentième anniversaire de l'adoption de la convention internationale des droits de l'enfant.

L'objectif a été de sensibiliser les acteurs de la société civile, institutionnels, le personnel judiciaire et bien d'autres à la Convention internationale des droits de l'enfant (Cide) et particulièrement aux droits des détenus mineurs.

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