Congo-Kinshasa: Racine des maux

Quoique la construction de différents sauts-de-mouton dans la ville de Kinshasa semble aboutir, plusieurs projections dont la réhabilitation des hôpitaux, inscrites dans le programme d'urgence du Chef de l'Etat ont produit, près de 9 mois après, le syndrome d'irréalisation.

Mais pourquoi ? La faisabilité n'était-elle pas quantifiable dans la durée ? Y avait-il un problème de moyens ? Etait-ce un programme fanatique ou faisable ? Tant d'interrogations sans réponses.

Cependant, au regard de ces questions qui taraudent les esprits de plusieurs dans le marigot politique congolais, certains acteurs n'ont point hésité de pointer du doigt le ministère des finances comme agent catalyseur de la léthargie de ce programme dont l'auteur et acteur n'est que le Président de la République.

Pourtant, d'autres analystes estiment par contre que le Chef de l'Etat se serait lui-même placé en difficulté en mettant en place un tel projet qui n'est ni pris en compte dans le budget 2019 et moins encore inscrit dans la loi de finances de l'exercice 2020 qui sera d'ailleurs examinée en seconde lecture ce mardi 10 décembre au Sénat.

Aussi, le fait que ce programme soit exécuté par la présidence de la République qui n'est point le pouvoir exécutif, serait-il, selon certaines têtes pensantes, une véritable bourde de gouvernance, surtout que cela a conduit à la vacuité de la caisse de l'Etat, alors que le Gouvernement Ilunga n'était pas constitué et moins encore investi.

D'où, les "100 jours" du Chef de l'Etat, puisqu'il n'est inscrit dans le budget 2019, ne pourrait trouver compte, dans le décaissement du ministère des finances. Ce, d'autant que José Sele Yalaghuli, actuel ministre des finances, est tenu à respecter, dans son modus operandi, les six critères quantitatifs et les six repères structurels, qu'exigent le Fonds monétaire international (FMI), avant de donner ces crédits ou dons financiers dont la demande a été formulée, à l'initiative de Félix Tshisekedi.

A point nommé, le dicton : "Faites-moi de la bonne économie, je vous ferai de la bonne politique ; faites-moi de la bonne politique, je vous ferai de la bonne économie", constitue, en effet, une véritable règle d'or pour la maîtrise des paramètres économiques, d'orthodoxie financière et la prise en compte de la donne liée notamment, à l'absence d'un budget et aux effets pervers des pressions inflationnistes. Car, à ce jour, en RD. Congo, il y a un hiatus ou écart considérable entre la politique, c'est-à-dire, les projections ou les promesses et l'économie. Allusion faite aux moyens non disponibles suffisamment pour leur réalisation. La preuve est notamment, à tirer de ces accusations, fondées ou fortuites soient-elles, contre l'actuel Ministre des finances. Une chose qui risque de mettre en péril la coalition FCC-CACH, déjà frappée par certains vortex susceptibles de conduire à sa destruction.

Autre cas de figure est qu'aujourd'hui, il y a des soubresauts dans les provinces où des gouverneurs sont frappés par des motions de défiance, à cause d'une prétendue mégestion liée notamment, au non-paiement des députés provinciaux, alors qu'en réalité, le Gouvernement central avoue lui-même n'avoir pas déboursé des frais de rétrocession recevables à ces derniers. Des histoires qui sont à la base des guéguerres de leadership, à tel point que l'intégrité du pays est touchée. L'important est de concilier le côté politique et économique. Car, les agitations enregistrées çà et là prouvent, si besoin en était encore, que l'argent est sur le point de constituer la racine de tous les maux.

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