Congo-Kinshasa: Un soulévement populaire aux allures de Soweto ce mardi à Goma

10 Décembre 2019

C'est essentiellement dans les quartiers Kasika, Katoyi, Majengo et Mabanga-Nord où la population a envahi les rues de cette partie de la ville tôt le matin de ce mardi 10 DécTout est parti d'un vol massif perpétré aux quartiers Kasika et Katoyi, dans la nuit du lundi 9 à ce mardi 10 décembre 2019. Selon des témoignages recueillis sur place, plus de dix maisons de ces quartiers ont été visitées par une quarantaine de bandits armés d'armes blanches et de fusil, avant d'emporter avec eux des biens de valeur de la population.

Un habitant du quartier Kasika explique que, la colère des habitants des quartiers visités par des bandits les a conduit à incendier un bureau de la police. C'est la mise à feu de ce poste de police qualifiée de « passive » face à cette insécurité, qui a fait à ce que la situation dégénère.

Manifestation à la Soweto

La situation vécue ce jour à Goma est comparable à celle de Soweto, en Afrique du Sud où le soulèvement populaire était partie du meurtre des élèves, alors qu'ils revendiquaient leurs droits. Cas similaire vécu ce jour au chef-lieu du Nord-Kivu où la population emboîté les pas des élèves pour exprimer un ras-le-bol généralisé sur entre autres, « l'insécurité récurrente, le manque de professionnalisme et la passivité » de la Police nationale congolaise. C'est cette même Police qui est à la base du meurtre d'un élève d'environ 15 ans qui a succombé de ses blessures, après avoir été touché par une balle, alors qu'il se dirigeait à l'école.

Dans la foulée, un soulèvement populaire des habitants de ce coin de la ville a conduit à la barricade de grandes artères de Goma. Ils y ont posé des pierres pour empêcher la circulation, une façon pour eux de compatir avec l'élève décédé et dénoncer tous ces cas de vols et assassinats vécus au quotidien dans la ville de Goma, sans qu'une solution soit trouvée de la part des autorités compétentes.

Paralysie d'activités dans la ville

Les écoles, les boutiques et magasins et certaines entreprises de la place n'ont pas fonctionné tout l'avant-midi de ce mardi à Goma suite à ce soulèvement populaire. La police qui tentait de réagir face à ces manifestants déterminés à en découdre avec l'insécurité a été obligée de tirer à balle réelle pour disperser la masse suite à une forte résistance rencontrée sur terrain.Réagissant d'emblée à cette situation au nom de l'organe délibérant du Nord-Kivu, Jean-Paul Lumbulumbu, vice-président de l'Assemblée Provinciale du Nord-Kivu met en cause les moyens alloués par la police nationale congolaise qui rencontre des difficultés majeures pour intervenir lorsqu'il s'agit des attaques nocturnes des bandits armés dans des domiciles des paisibles citoyens.

« Il est anormal que Goma qui a 18 quartiers, qu'il n'y ait que deux à trois véhicules disposés pour faire des interventions nocturnes et Au-delà de ces problèmes liés à la logistique, le manque de l'effectif adéquat au sein de la police pose aussi problème. L'exécutif provincial et le pouvoir central devront y penser car sans des solutions idoines à ces problèmes, l'insécurité va persister dans la ville« , note Jean-Paul Lumbulumbu.À lui d'ajouter qu'une enquête doit être diligentée en urgence et un procès en flagrance doit avoir lieu pour que l'élément de la police auteur du meurtre de cet élève soit interpellé et sanctionné par la justice.

Même son de cloche pour Emmanuel Muhozi, un autre élu provincial qui appelle la police à prendre ses responsabilités en évitant toute suspicion de la part de la population sur une probable complicité avec les bandits. Il recommande en outre à la population à ne pas débordé dans des manifestations publiques. Pour l'instant la situation semble être calme dans la ville.Par ailleurs, l'on signale des blessés et quelques interpellations des jeunes manifestants par les éléments de la police.

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