Congo-Kinshasa: La crue du fleuve Congo menace dangereusement Kinshasa

Fleuve Congo (photo d'illustration)
10 Décembre 2019

Plusieurs habitants des quartiers longeant le fleuve Congo ont été contraints depuis quelques semaines à abandonner leurs maisons pour cause des inondations dues à la crue du fleuve Congo.

La situation peut empirer, car les pluies importantes continuent à s'abattre sur Kinshasa et les provinces environnantes dans les semaines qui suivent. Le gouvernement Ilunkamba est prévenu de prendre des dispositions nécessaires pour organiser les secours. L'eau du fleuve Congo menace la capitale.

Le Premier ministre, Sylvestre Ilunga Ilunkamba, a été contraint, le lundi 9 décembre, de quitter son bureau de travail pour constater la crue du fleuve Congo au niveau, notamment de la Cité du Fleuve. Cette concession immobilière moderne a été construite le long du fleuve Congo au niveau de Kingabwa dans la commune de Limete. Ici, alors que la concession a été construite selon les normes requises, vu les millions de dollars qui y ont été investis, l'eau du fleuve a atteint la hauteur de certaines allées de cette Cité, mettant les habitants sur le qui-vive.

Par ce déplacement à la Cité du Fleuve où plusieurs dignitaires ont des appartements et villas, autant dire que le chef du gouvernement a pris la mesure du danger qui guette la capitale de la république démocratique du Congo. Avant que la Cité du Fleuve ne soit envahie par les eaux du fleuve, plusieurs quartiers environnants étaient déjà sous eaux depuis quelques semaines, contraignant des milliers des populations à abandonner leurs habitations et se réfugier chez les membres de familles pour certains alors que d'autres sont à la belle étoile.

La mégapole Kinshasa compte plus de 12 millions d'habitants dont des milliers habitent les quartiers longeant le Fleuve Congo. Depuis pratiquement deux semaines, le fleuve refoule les eaux de tous ses affluents de la capitale au point que chaque jour des gens abandonnent leur maison au fur et à mesure de la montée des eaux du fleuve.

Le danger qui pointe sur la capitale est à prendre au sérieux parce que ça a déjà affecté des milliers de Congolais et pourraient gonfler le nombre des sinistrés de cette crue du fleuve.

Le gouvernement Ilunkamba est contraint de gérer cette situation qui découle d'une gestion catastrophique de plusieurs années de la ville de Kinshasa. La capitale, dans sa grande partie, ne répond pas aux normes urbanistiques. L'urbanisation est largement déficitaire. Les constructions anarchiques ont été tolérées dans les zones inondables et donc dangereuses.

Plusieurs autres causes concourent aux inondations dans la capitale, notamment le dysfonctionnement, l'insuffisance ou l'absence des réseaux de drainage ; l'occupation incontrôlée et parfois illicite des plaines d'inondation des rivières urbaines comme cela se remarque dans la vallée de la rivière N'Djili; l'occupation anarchique des zones collinaires qui entraîne les conséquences, entre autres, conséquences l'augmentation des sédiments dans le rivières par suite des érosions importantes en amont, le déboisement des pentes très fortes entraînant la diminution de l'absorption d'eau par le sol, l'augmentation du ruissellement et les érosions; l'abondance des déchets solides produits à Kinshasa ( environ 5000 m3 par jour) qui ne sont pas enlevés et dont la majeure partie aboutie dans les cours d'eau.

Face à ce tableau peu reluisant que présente la capitale, le gouvernement doit déjà monter un plan de secours des populations qui pourraient être affectées par ces inondations. Il est impérieux, notamment d'évacuer certains quartiers qui sont plus exposés pour éviter des cas d'inondation qui se produirait par exemple la nuit. Tout aussi, il faut créer et équiper une cellule de prévention de catastrophe qui devrait non seulement prévenir les accidents d'inondations, notamment ceux qui se produisent la nuit mais aussi prendre en charge les sinistrés en cas de catastrophe.

Pour autant, dans le long terme, il faut construire des quartiers urbanisés dans les communes périphériques comme Maluku et N'sele. Les deux communes représentent trois quarts de Kinshasa mais hébergent moins de 10% de la population Kinoise.

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