Madagascar: Ravalomanana/Rajaonarimampianina - Front pour dénoncer les fraudes électorales

Suite à leur rencontre qui s'est déroulée à Paris le week-end dernier, les deux anciens présidents ont publié hier un communiqué conjoint.

Marc Ravalomanana et Hery Rajaonarimampianina reviennent à la charge. En effet, après la rencontre à Paris qui a fait le buzz sur les réseaux sociaux durant le week-end, les deux anciens présidents ont décidé de poursuivre leur démarche en publiant hier un communiqué conjoint pour dénoncer les fraudes électorales qu'auraient engendré les dernières élections communales.

Trois jours après la rencontre de Paris, les deux ex-hommes forts du pays ont confirmé que l'entrevue a été axée sur la conjoncture actuelle, particulièrement sur les imperfections qu'ils ont relevées durant les dernières échéances électorales.

D'emblée, Ravalo et Rajao expriment leur inquiétude par rapport à l'évolution de la situation actuelle et pointent du doigt les dirigeants actuels, la CENI et ses démembrements par rapport aux « violations répétées de la Constitution et des textes régissant les élections ».

Pour la première fois depuis un an, les deux candidats malheureux de l'élection présidentielle de 2018 sont revenus sur cette échéance et affirment qu'ils ont opté pour la tolérance en 2018 afin d'assurer un climat d'apaisement et permettre au nouveau régime de commencer les actions de développement. Une manière à eux de laisser entendre qu'ils n'ont pas été battus mais ont simplement choisi de se taire pour éviter les affrontements.

Nul n'ignore pourtant qu'avec 8,82% de voix obtenues, le candidat du « Hery Vaovao ho an'i Madagasikara », Hery Rajaonarimampianina n'avait aucune chance de se qualifier pour le second tour. Par ailleurs, lors du second tour de la Présidentielle, l'écart de voix entre le candidat vainqueur Andry Rajoelina et son dauphin, Marc Ravalomanana était de 526.091 voix.

Requêtes. Dans leur communiqué conjoint, les deux anciens présidents affirment que suite à la manipulation des listes électorales, l'utilisation de fausses cartes d'identité nationale, et les nombreuses fraudes relevées durant les élections communales, des requêtes ont été déposées auprès des juridictions compétentes.

Aussi, de par ces constatations, Hery Rajaonarimampianina et Marc Ravalomanana condamnent-ils les cas d'illégalités et le non respect des droits du peuple malgache.

Tout en affirmant qu'ils font confiance à la Justice, les deux ex-présidents lancent un appel à l'endroit de tous les citoyens malgaches afin de faire preuve de solidarité et de prioriser les intérêts supérieurs de la Nation. « La réconciliation nationale est nécessaire pour lancer le développement du pays », soutiennent-ils.

« 2009 bis ». Bon nombre d'observateurs se posent des questions sur la sincérité de ces déclarations. Faut-il rappeler que juste avant son départ pour Paris, l'ancien président Marc Ravalomanana a incité ses partisans à se lever et à descendre dans la rue pour contester les résultats des scrutins. Un appel qui n'a pas été suivi à la lettre pour le moment puisque la manifestation qui s'est déroulée samedi dernier à Bel'Air n'a pas atteint le résultat escompté. Certains accusent aussi Hery Rajaonarimampianina qui a choisi d'opter pour la politique du silence depuis un an, d'être manipulé par Ravalo. C'est peut-être le cas si l'on se réfère à la photo de la rencontre entre les deux personnalités. Reste à confirmer également si la démarche des deux anciens Chefs d'Etat n'est pas de connivence avec la réunion des Fanirisoa Ernaivo, Fleury Rakotomalala et le GTT France qui ont déclaré ouvertement qu' « il faut renverser à tout prix le régime Andry Rajoelina ». On attend désormais la suite de cette nouvelle démarche de Marc Ravalomanana et de Hery Rajaonarimampianina qui ont décidé de faire un front uni pour s'opposer au TGV. Bon nombre d'observateurs soupçonnent la préparation dans l'Hexagone d'un « 2009 bis ». On se demande aussi : que signifie le silence actuel des tenants du pouvoir ? A travers les réseaux sociaux, les partisans du MAPAR encouragent les autorités à afficher une fermeté et à prendre un NOTAM contre tous ceux qui œuvrent et manœuvrent pour déstabiliser le régime. Histoire à suivre.

Plus de: Midi Madagasikara

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