Congo-Kinshasa: RC - Greenpeace Africa et 22 ONGs fustigent l'exploitation industrielle dans les tourbières

Pourquoi sacrifier des milliers de personnes pour des gains économiques ou parfois personnels ? C'est en se posant cette question que Greenpeace Africa et 22 ONGs de la République démocratique du Congo et de la République du Congo sont montés au créneau pour s'opposer à toute activité industrielle dans les tourbières de la cuvette centrale (bassin du Congo).

Au cours d'une conférence de presse organisée hier, mardi 10 décembre 2019, au siège de Greenpeace à Kinshasa, ces activistes environnementaux fustigent l'exploration pétrolière, l'exploitation forestière et l'agriculture industrielle dans ce site.

A cette occasion, Mme Irène Wabiwa, Responsable de la campagne Forêt/Greenpeace Africa a présenté la note de position de ces ONGs sur les tourbières et les actions à prendre afin de préserver les communautés menacées par l'impact des exploitations industrielles dans ces zones.

Au fond, Greenpeace Africa et ces 22 ONGs exigent l'annulation immédiate de tous les blocs de pétrole situés dans la zone de tourbières au Congo-Kinshasa et Congo-Brazzaville.

C'est dire que les gouvernements de ces deux pays doivent, impérativement, annuler les concessions forestières, agricoles, les blocs pétroliers et miniers qui chevauchent le complexe de tourbières ou son écosystème de protection environnant, et déclarer ces zones interdites au développement industriel à travers des politiques et lois contraignantes.

Ils doivent, en outre, respecter les engagements pris (déclaration de Brazzaville du 23 mars 2018 et Accord de Paris) au niveau du Bassin du Congo et du climat mondial pour prévoir le plafonnement des températures à 1,5 degré Celsius.

Après leur descente sur terrain, M. Guy Kajemba, Chargé de programme Groupe de Travail Climat REDD Rénové, a révélé que les communautés locales et autochtones sont d'avis que les tourbières doivent être une zone interdite aux activités industrielles.

D'ailleurs, pour la communauté internationale et les gouvernements du bassin du Congo, cette interdiction est le minimum pour faire face à la crise climatique.

Détails

"Les tourbières sont des zones humides millénaires qui stockent d'énormes quantités de carbone. Le plus grand complexe de tourbières du monde se situe de deux côtés de la frontière de deux Congo et 75% de sa superficie est couverte de permis de pétrole", a déclaré Mme Irène Wabiwa. Egalement, ces tourbières stockent jusqu'à 30,6 milliards de tonnes de carbone, soit l'équivalent de 20 ans d'émission de combustibles fossiles des Etats-Unis. D'ailleurs, la récente confirmation de l'étendue du complexe de tourbières fait des forêts marécageuses du Bassin du Congo l'un des écosystèmes les plus denses en carbone de la planète.

Les spécialistes environnementaux ont précisé qu'avec la présence de ces tourbières, les stocks de carbone forestier du Bassin du Congo sont estimés à 70 milliards de tonnes de carbone, ce qui en fait un élément essentiel pour la stabilité du climat mondial.

Mais, le comble c'est que les deux Congo veulent sacrifier le monde entier pour des intérêts économiques, là où il y a d'autres secteurs plus rentables que les pétroles. En République du Congo, dénonce la délégation brazzavilloise, des appels d'offres pour l'exploration pétrolière ont été lancés. Aussi, en RDC, l'ancien régime sous Joseph Kabila, aurait signé une note d'autorisation d'exploration pétrolière dans cette plus grande zone de tourbières tropicales au monde. Oubliant ainsi que la production de pétrole et les projets d'infrastructure qui l'accompagnent exposeraient les tourbières et les forêts du Bassin du Congo à des pressions anthropiques intolérables. Notamment, des risques de drainage des tourbières et des marées noires.

Recommandations

Pour répondre à ce problème, ces ONGs recommandent aux investisseurs de ne pas investir dans des projets d'exploitation des ressources dans ou autour des tourbières et les aires protégées ; de stopper les investissements existants dans des projets d'exploitation dans la zone ou autour des tourbières, le cas échéant. Aux multinationales, de ne pas exploiter les ressources naturelles dans ou autour des tourbières, y compris avec des approches à impact réduit.

Les donateurs doivent, plutôt, appuyer les projets des communautés locales et des peuples autochtones pour leur développement local pour éviter leurs manipulations par les exploitants ou autres personnes mal intentionnées.

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