Sénégal: Budget de l'éducation nationale pour 2020 - Plus de 526 milliards pour rendre performant le secteur

11 Décembre 2019

Le budget du ministère de l'Education nationale, pour la gestion 2020, s'élève à 526 milliards 270 millions 540 mille 817 F Cfa en crédits de paiements avec des autorisations d'engagements qui se chiffrent à 129 948 489 978 F Cfa. Le budget du ministère de l'Education connait une nette hausse chaque année depuis un temps.

Selon le ministre du Budget, Daouda Diallo, depuis 2012, le budget du ministère de l'Education nationale a connu une hausse de plus de 200 milliards de nos francs et que c'est 20% des recettes internes de l'Etat qui sont mobilisées pour ce département. Ce qui témoigne pour lui, de la priorité que le chef de l'Etat accorde à ce secteur.

Le ministre de l'Education nationale, Mamadou Talla a lui estimé que le budget intervient dans un contexte de mise en œuvre du Programme d'amélioration de la qualité, de l'équité et de la transparence (Paquet) mis à jour pour la période 2018-2030.

De ce fait, le ministre déclare qu' il s'agit dans ses priorités pour 2020 de poursuivre ou d'achever la mise en œuvre des projets comme l'amélioration de la qualité et de l'équité dans l'éducation de base dans son financement additionnel, le projet d'appui à la modernisation des daaras, le programme zéro abri provisoire, le projet aptitude pour le travail et l'emploi ainsi que le projet de renforcement de l'appui à la protection de l'enfant dans l'éducation au Sénégal.

Ainsi pour réussir sa mission pour 2020, M. Talla compte s'appuyer sur le climat social apaisé, l'efficacité et l'efficience, la formation des enseignants, l'accès à l'éducation pour tous mais aussi au retour des valeurs à savoir l'école Républicaine.

Le ministre a aussi renseigné que pour 2020, 1750 enseignants dont 250 en arabe seront mis à la disposition des établissements qui en ont besoin dans les mois à venir. Il a en outre précisé que l'effectif des enseignants est de 95 284, mais chaque année, des concours sont ouverts pour en résorber le gap.

Sur la question de la résorption des abris provisoires, le ministre a fait savoir que l'Etat, dans le cadre du partenariat privé public, met en œuvre le programme de remplacement des abris provisoires à travers quatre lots.

Le ministre a aussi renseigné que le lot dont les travaux ont déjà démarré est à 60% d'exécution. Revenant sur l'équipement scolaire, le ministre a renseigné : « c'est plus de 300 000 tables bancs que le ministère doit trouver pour doter les écoles qui en ont besoin ».

Pour les daaras modernes, le ministre a soutenu qu'un maillage sur toute l'étendue du territoire est en cours, mais que déjà 64 daaras seront disponibles dont 36 livrées en fin décembre 2019, en plus de 400 nouveaux prévus dans le cadre du Paqeeb.

Les interventions des députés

Au cours du vote de budget de l'éducation nationale pour l'exercice 2020, plusieurs députés demeurent favorables à la réduction du temps de présence de l'apprenant dans l'école. Selon eux, il est temps pour le gouvernement de changer de paradigme.

Pour l'honorable député Cissé Lo, il faut changer les choses et ne pas se confiner sur ce qui se fait habituellement dans l'éducation nationale.

Pour ça, il demande la réduction du temps en cycle primaire pour lequel 4 ans suffisent largement ainsi que l'annulation du cours d'initiation (Ci) mais aussi la réduction dans le secondaire, ainsi que pour les examens.

Le député Cheikh Mbacké a aussi abondé dans le même sens que son collègue Cissé Lo. Cependant, ce dernier fait le plaidoyer pour la réduction du baccalauréat.

Le député Issa Sall est allé plus loin en demandant la suppression des séries afin de permettre au gouvernement de régler le problème de déficit de personnel dans les matières telles que les mathématiques, la philosophie entre autres.

« Il y a un problème de volonté politique, il n'y a pas de mythes dans ces matières, les élèves peuvent bien réussir dans ces domaines, le gouvernement doit faire quelque chose » a lancé le député Issa Sall.

Manque de personnels enseignants.

Le manque de personnel est revenu largement dans la plénière. Le Sénégal est encore loin pour couvrir les établissements éducatifs en enseignants. Pour cela, les députés ont demandé de mettre le focus sur le recrutement des enseignants mais aussi d'intégrer les sortants de l'Ecole normale pour combler le gap.

Des députés ont aussi fait le plaidoyer pour la motivation du personnel éducatif afin de lui permettre de rester dans l'école et d'éviter les migrations vers l'administration. Toutefois, l'honorable député Issa Sall a demandé au ministre de ne pas accepter d'être l'otage des syndicats.

Les syndicalistes ne peuvent pas s'auto affecter. Il faut que l'Etat prenne ses responsabilités et refuse d'être leur otage. Ils sont payés par l'argent du contribuable et doivent pouvoir aller enseigner où l'Etat le leur demande » a-t-il fait savoir.

Les élus de Linguère ont fait savoir que dans cette localité, il y a un déficit de 80% de personnel éducatif en plus de 20 écoles fermées et d'autres inachevées.

Les abris provisoires

Dans presque tout le Sénégal, les abris provisoires et le manque de table-bancs restent un fait réel. Les établissements pour abriter les apprenants demeurent insuffisants. Les députés ont décrié la pléthore d'apprenants tout en demandant la construction de plusieurs sites dans toutes les localités du Sénégal.

Selon un des députés, le Sénégal doit revenir à l'orthodoxie concernant les passations des collèges au lycée. « Un Lycée, c'est des laboratoires, des recherches entres autres.

Mais le constat, des établissements passent de Cem au lycée sans aucun accompagnement » et un autre d'attester que le gouvernement s'il ne peut pas construire d'autres établissements scolaires doit ajouter des salles de classes dans ceux qui existent.

Alphabétisation et prise en charge des personnes vivant avec un handicap

La majorité des parlementaires ont fait le plaidoyer pour une éducation inclusive des personnes vivant avec un handicap.

Une manière, pour eux, de leur éviter la discrimination. Une des députés a demandé au ministre de mettre en place une direction inclusive pour suivre l'enfant dans son cycle scolaire, mais aussi former les éducateurs dans ce domaine. Ainsi que la construction des rampes.

Concernant l'introduction des langues nationales, des députés ont fait le plaidoyer pour la diversité des langues nationales dans le cursus scolaire.

« Il faut que toutes les langues qui sont codifiées, puissent faire l'objet d'enseignement dans le primaire. Il y a des zones où les trois langues que sont le wolof, le sérère et le Pulaar ne sont pas parlés mais faire en sorte que chaque élève parle sa langue » ont-ils dit.

Prise en charge des accords signés avec les syndicats : Le contentieux bientôt dépassé

Pour le ministre de l'éducation, en 2019, 42 587 000 000 CFA ont été payés au 31 octobre soit un taux d'exécution de 85,2%. Toutefois, il a indiqué que les décomptes des rappels sont dynamiques en ce que les actes de validation et d'avancement évoluent régulièrement.

Aussi a-t-il fait connaitre qu'en 2019, sur 8000 actes de validation et d'avancement reçus, 7159 ont été traités à la date du 07 novembre, soit 90% pour un impact financier de 78 milliards de nos francs.

Quand au budget 2020, le ministre Talla a renseigné qu'il est prévu le paiement à hauteur de 50 milliards de rappels aux enseignants.

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