Algérie: Plus de vingt-quatre millions d'électeurs appelés aux urnes

Photo: APS
Abdelmadhid Tebboune

L'élection présidentielle algérienne, considérée comme cruciale et décisive après la démission d'Abdelaziz Bouteflika, aura lieu le 12 décembre pour sortir le pays de la crise politique qu'il traverse depuis plusieurs mois.

Au total, 24 474 161 électeurs, dont 914 308 inscrits au niveau des centres diplomatiques et consulaires à l'étranger, ont été recensés lors de l'opération de révision périodique des listes électorales, effectuée en octobre dernier par l'Autorité nationale indépendante des élections (Anie).

Le nombre des nouveaux inscrits durant cette révision s'élève à 289 643 électeurs, tandis que le nombre des radiés a atteint, durant la même opération, un total de 123 239 électeurs, précise l'Anie, relevant que l'électorat a augmenté de 165 804 électeurs, soit une hausse de 0,67%.

Concernant l'encadrement de l'opération de vote, l'Anie a fait état de la mobilisation de 501 031 encadreurs, dont 427 854 encadreurs de bureaux de vote et 66 410 encadreurs de centres de vote. En outre, 61014 bureaux de vote ont été mobilisés à travers le territoire national, dont cent trente-cinq bureaux itinérants, répartis comme suit : 30 301 bureaux pour hommes, 26 569 bureaux pour femmes et 4 009 bureaux mixtes. Les centres de vote sont au nombre de 13 181, dont 1 756 pour femmes.

Dans ce cadre, le président de l'Anie, Mohamed Charfi, avait assuré que les procédures qui seront adoptées en prévision de ce rendez-vous électoral et le système informatique qui sera utilisé pour la surveillance et l'assainissement des listes du corps électoral « relègueront la fraude au domaine de l'impossible ».

Il a soutenu également que l'objectif après la présidentielle de jeudi est « au-dessus des conceptions de certains individus », affirmant qu'elle « constituera une plate-forme solide pour les échéances électorales futures ». Il a exhorté, à cet effet, les électeurs à prendre part à ce rendez-vous « historique et crucial » que connaîtra le pays, estimant que « le futur président devra être en mesure de prendre des décisions courageuses, et le citoyen est appelé à voter en faveur de la personne qui lui semble compétente et à la hauteur de cette responsabilité ».

Le taux de participation scruté de près

Les vingt-quatre millions d'électeurs ont le choix entre cinq candidats. Mais aucun d'eux n'est à ce jour reconnu par les manifestants qui, tous les vendredis depuis le 22 février dernier, se retrouvent dans les rues d'Alger.

Selon certaines sources, une partie d'entre eux rejette la présidentielle et considère que les postulants représentent la continuité de l'ancien système, puisqu'ils ont tous, à des degrés divers, été proches du pouvoir. La plupart des Algériens et manifestants opposés au scrutin n'envisagent pas de se déplacer pour voter.

L'élection présidentielle de ce 12 décembre est également différente de toutes celles organisées depuis l'avènement du pluralisme politique, en 1989, dans le pays. Certes, le système algérien est habitué à faire face aux crises, notamment lors de la présidentielle. En 1995, il est arrivé à mobiliser les Algériens pour une élection présidentielle en pleine guerre civile et au moment où le Groupe islamique armé menaçait de mort tous les votants.

En 1999, il a organisé une élection présidentielle à la veille de laquelle les six candidats qui se sont présentés contre Abdelaziz Bouteflika se sont retirés en évoquant les risques de fraude. Mais jamais il n'a été confronté à une telle situation ni soumis à une telle pression populaire auparavant. Impossible de dire combien d'Algériens se déplaceront pour voter ou si les chiffres de la participation seront fiables ou contestés. Les jours à venir s'annoncent tendus.

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