Afrique: Partenariat Afrique-UE - Félix Tshisekedi pour un groupe ACP revisité

Les travaux du neuvième sommet du Groupe des États d'Afrique, des Caraïbes et du Pacifique (ACP), se sont déroulés, le 9 décembre dans la capitale kényane, Nairobi, sur le thème « Un groupe ACP transformé et engagé en faveur du multilatéralisme », qui cadre bien les aspirations et les convictions profondes du chef de l'Etat congolais en matière de coopération intercontinentale.

Pour sa troisième visite au Kenya, à la faveur du forum du groupe ACP, le président congolais a profité de cette tribune pour exhorter ses pairs à plus d'engagement à construire, en synergie, une nouvelle perspective au bénéfice du groupe, fondée sur le rapprochement des continents. Faire du groupe ACP un levier multisectoriel de développement socio-économique et de la volonté d'agir ensemble autour de grands défis mondiaux, tel est le soubassement de l'approche qu'il veut expérimenter avec, à la clé, une intégration intra régionale participative.

Félix Tshisekedi s'est fait, à l'occasion, le chantre d'un multilatéralisme fondé sur le rapprochement des continents par la promotion des investissements privés, des échanges commerciaux et la création d'emplois durables. « Le multilatéralisme que nous voulons pour un ACP renforcé et engagé voudrait que nos Etats du Sud, en considérant le chemin parcouru depuis les indépendances, travaillent autour des intérêts communs qui les caractérisent », a-t-il indiqué, soucieux de voir cette organisation sortir des sentiers battus pour « jouer un rôle efficace en tant qu'acteur mondial ».

Pour ce faire, a nuancé le président congolais, les contributions régulières des Etats membres ainsi que l'implication du secteur privé comme agent important du développement sont requises. Il reste convaincu que ce n'est qu'au prix de l'union dans l'effort que les Etats membres de l'ACP pourront, par des actions concertées, améliorer indéniablement l'efficacité de la coopération dans le domaine qui apporte des solutions aux conditions de vie de leurs populations respectives. Plus concrètement, a-t-il expliqué, il s'agit d'ériger « une alliance politique forte avec comme objectif de mettre au point des solutions aux besoins propres de chaque région ».

Tout en plaidant pour la mise en œuvre efficace des Objectifs de développement durable par les Etats membres du groupe ACP, Félix Tshisekedi a, par ailleurs, martelé sur « l'intégration régionale intra-ACP » censée permettre aux Etats membres d'améliorer leurs compétitivités pour relever ensemble les défis de la mondialisation. Et l'un des défis majeurs à relever prioritairement demeure justement l'insécurité qui affecte plusieurs régions d'Afrique, notamment la région sahélo-saharienne et la région des Grands Lacs livrées, toutes deux, à la merci des terroristes opérant sous le couvert des groupes armés locaux et étrangers. « Je sollicite des engagements fermes et une solidarité de nos liens autour des situations de terrorisme, d'extrémisme violent et de radicalisation », a lâché le chef d'Etat congolais, tout en sollicitant, en vertu de la Charte des Nations unies, en faveur des deux zones précitées, l'appui matériel et opérationnel des partenaires du Groupe ACP.

Quarante-quatre ans après l'Accord de Georgetown qui constitue l'acte de naissance officiel du groupe ACP et près de vingt ans après l'Accord de Cotonou, l'unique cadre juridique de coopération régissant les relations entre l'Union européenne (UE) et les soixante-dix-neuf pays ACP, beaucoup d'eau a coulé sous le pont. Plus que jamais, les Etats memebres sont mieux placés pour déterminer, dans la cohésion, leurs propres ambitions sociales en parlant d'une seule voix, mais aussi, pour entrevoir de nouvelles perspectives qu'impose le nouvel ordre économique mondial.

Quittant Nairobi avec le sentiment du devoir accompli, Félix Tshisekedi a formulé le vœu de voir Kinshasa abriter la prochaine session du Conseil des ministres ACP-UE prévue en 2020.

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