Afrique de l'Ouest: Des dirigeants du Sahel iront au sommet de Pau malgré tout

Une patrouille mixte de la force française Barkhane et des Fama, l'armée malienne, dans les rues de Ménaka (photo d'illustration).
11 Décembre 2019

Malgré l'opposition d'une frange de la population, les chefs d'Etat du Sahel comptent aller à Pau. Seul le Tchadien Idriss Déby annonce son absence à cette réunion sur le terrorisme et la présence militaire française.

Niger, Mali puis Burkina Faso. Christophe Bigot poursuit son voyage dans les pays sahéliens dont le président français souhaite rencontrer les dirigeants à Pau lundi (16.12.). Comme il l'a fait à Niamey et à Bamako, l'émissaire spécial de la France pour le Sahel devrait remettre au président Roch Marc Christian Kaboré l'invitation officielle pour participer à ce sommet consacré à la lutte contre le terrorisme et à la présence militaire française. Mais une bonne frange de la population des pays concernés s'y oppose.

Beaucoup auraient en effet souhaité voir cette réunion se dérouler en terre africaine.

Les chefs d'Etat qui iront à Pau

A Ouagadougou, Christophe Bigot ne devrait pas avoir besoin de convaincre Roch Marc Christian Kaboré de participer au sommet de Pau. Car le président du Burkina Faso était le premier des dirigeants concernés à annoncer sa présence.

A Niamey, le diplomate français a transmis lundi (09.12.) l'invitation officielle d'Emmanuel Macron au président Mahamadou Issoufou. Celui-ci, comme on peut le lire sur le site de la présidence nigérienne, a fait part de l'amitié qu'il avait pour la France et de l'importance que revêtait pour lui et pour son pays le soutien apporté par la force Barkhane.

Mardi (10.12) à Bamako, l'accueil du président Ibrahim Boubacar Keita avait l'air tout aussi convivial.

L'enjeu de la réunion dépasse la polémique suscitée par les propos d'Emmanuel Macron, soutient Soumeylou Boubeye Maiga. L'ex-Premier ministre malien pense qu'après "les pertes subies dans nos différents pays concernés en particulier le Mali, le Burkina Faso et le Niger, et puis les pertes subies par Barkhane à l'occasion d'une opération, il était nécessaire - pas de marquer une pause - mais de faire le point et voir s'il y a des orientations ou des correctifs à apporter". Cependant, Monsieur Boubeye Maiga qui a aussi été ministre des Affaires étrangères et de la Défense du Mali affiche une compréhension pour les critiques déclenchées par l'invitation à Pau.

Des combats tout près des populations

"Comme on le sait", explique Soumeylou Boubeye Maiga, "c'est une lutte qui n'est pas facile et qui, se déroulant d'ailleurs très près de la population, a un impact évident sur les opinions publiques de part et d'autre".

Outre les chefs d'Etat nigérien, malien et burkinabé, le mauritanien Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani aurait aussi confirmé sa présence. En revanche, le Tchadien Idriss Déby, il ne se rendra pas à Pau.

Le ministre Oumar Yahya, porte-parole du gouvernement tchadien, estime que le président n'est pas pour autant contre la réunion de Pau. "N'eût été une question de calendrier, je crois que le président serait parti parce qu'il était à tous les rendez-vous relatifs à la question de la sécurité et à la paix. Donc il n'y a pas d'autres raisons à cela", justifie le porte-parole qui ajoute qu'il ne faut pas donner une autre connotation à cette rencontre.

"Je crois que la France est un partenaire privilégié du Sahel et particulièrement du Tchad. Il suffit seulement de nous accorder sur certains points précis", tempère Oumar Yahya.

En annonçant la rencontre le 4 décembre, Emmanuel Macron s'était notamment plaint d'une ambiguïté chez certains de ses homologues face à ce qu'il appelle des "mouvements antifrançais".

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