Congo-Brazzaville: Publication - Pensée Sem Essé-Nsi signe "L'écume des maux"

Dans son recueil de poèmes de soixante-quinze pages préfacé par Michel Gayido, l'auteur, de son vrai nom Bocleche Sem Ondongo, peint une société où au-delà de l'amour, transpirent avec dose de dénonciation révoltante, la mort, la douleur, le désespoir continu, l'amertume, la solitude, le désarroi, la déception, les vices pour peu de vertus.

Comme l'indique la quatrième de couverture, "L'écume des maux" évite le surréalisme pour évoquer les différents « maux » qui minent et rongent la conscience et le cœur. C'est donc un cœur foudroyé, brisé, à la recherche d'une âme sœur, affligé par ces chers disparus : parents, tirailleurs, écrivains, hommes politiques émérites. La poésie est-elle un refuge et l'écriture un alibi pour la libération d'une âme qui végète afin de partager avec les semblables les afflictions et les éclaircis de bonheur vécus ? Pas assez pour dire comme les autres !

Dans son analyse critique, Fidèle Biakoro Pambou Lenormeux pense qu'après Tchicaya U Tam'si avec "L'Arc musical" dans "Le mauvais sang" et Sony Labou Tansi dans "La Chaidana, au commencement de la douleur", Pensée Sem Essé-Nsi est le troisième poète qui intègre la foisonnante famille littéraire congolaise en scalpant les maux de sa terre, les maux dont souffre l'humanité... La poésie de Sem Essé-Nsi, dit-il, loin d'être pessimiste, est revendicatrice d'un droit éminemment naturel, l'amour, c'est-à-dire être à l'affût d'une âme sœur qui attendrit les larmes d'un cupidon meurtri dans son for parce que rien ne lui réussit ou presque ; tout est éphéméride. Le tableau qu'il peint ramène au poème d'Alfred de Musset intitulé "La Muse", selon lui.

Du fond, Fidèle Biakoro Pambou Lenormeux trouve que son regard a relevé du recueil "L'écume des maux" quelques thèmes non moins importants, constitués en trois tableaux. Il s'agit de l'amour, épine dorsale chantée sous plusieurs facettes comme l'écrit le préfacier Michel Gahido, appréhendé dans les sens positif et négatif, ses bienfaits et ses revers ; la mort, le deuil ou la souffrance. La douleur, la terreur, le deuil et la souffrance font geindre le poète. Car, sensible envers les êtres qu'il a aimés ou qu'il aime, le poète souffre de la disparition des parents, amis et connaissances. Ces souvenirs remontent à la conscience endolorie du poète qui, comme Charles Baudelaire, chante "Ma douleur" (pp.43, 36, 39, 40, 41). Dans ce sillage, le sida est aussi pris à partie (p.51). Enfin, la nature, cette terre clémente et généreuse qui accueille les hommes, mais contre laquelle ceux-ci agissent en se déshumanisant, est objet de la focalisation, de la contemplation, à travers une méditation et une réflexion que nous partage le poète (pp.42, 51).

L'amertume de la vie, le crédo du poète

S'agissant de la forme, le poète a ressuscité les aspects du romantisme français, a estime Fidèle Biakoro Pambou Lenormeux. Il a usé de la poésie classique avec vingt-cinq poèmes obéissant, tant soit peu, aux normes rigoureuses du vers classique. Le type de poème classique fixe choisi par le poète, pour exprimer son lyrisme, sa sentimentalité et sa sensualité, est le sonnet.

Le poète Sem Esse-Nsi a révolutionné le sommet qui compte certes quatorze vers alexandrins, mais les strophes se différencient au nombre des tons homophoniques des vers deux à deux, fait savoir le critique. On retrouve ces variétés dans les poèmes "Méditation" (p.42) et "Si puissant" (p.54) ... Une autre innovation, il s'agit de la quatrième de couverture qui porte le nom de l'auteur qui a résumé l'œuvre.

Pour tout dire, Fidèle Biakoro Pambou Lenormeux conclut que les créativités de Pensée Sem Essé-Nsi méritent bien une défense comme le fameux "Snoprac" de Benoît Moundélé-Ngolo, même si cet auteur vient de jeter l'éponge en publiant sa dernière œuvre intitulée"Adieu mes lecteurs" ou "Mwana nsuka". A propos de ce jeune poète et étudiant, Pierre Ntsemou, le saint-pierre des mots, soutient qu'il est sur la bonne voie et il bénéficie de l'onction paternelle.

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