Cameroun: Inclusion financière - Et si on misait sur la finance islamique

Un forum ouvert hier à Yaoundé sur la contribution de cet outil, à l'initiative du ministère des Finances et du Programme des Nations unies pour le Développement.

C'est l'argent qui manque le moins dans les pays pratiquant de la finance islamique. D'où l'intérêt de ceux qui veulent voir développer leur économie au moyen de cette finance. Cet outil qui promeut une répartition juste et équitable des revenus et de la richesse, basée sur les principes d'interdiction de profit, est au centre d'un forum national qui se tient en ce moment à Yaoundé. C'est une initiative conjointe du Programme des Nations unies pour le Développement et du ministère des Finances dans le cadre du projet d'appui à la résilience économique du Cameroun (Parec).

En ouvrant le forum, le ministre des Finances, Louis Paul Motaze a indiqué que cet évènement tient de la volonté du gouvernement de voir le secteur financier poursuivre son développement en diversifiant les produits et services afin de répondre plus précisément aux besoins de l'économie nationale. Et la finance islamique apparaît comme une option très pratique en ce sens qu'elle va aussi contribuer à lutter contre l'exclusion financière.

A ce jour, au Cameroun seulement une banque (Afriland First Bank), trois établissements de microfinance (Crédit du Sahel, Cecis et Socoopeca- Cmfi) offrent des produits et services islamiques. Ceci grâce à un projet mis en 2005 entre le gouvernement et la Banque islamique de développement dans les régions du Nord, de l'Extrême-Nord et de l'Adamaoua. La banque Afriland First Bank s'y investi aussi. « La finance islamique au Cameroun est dans un état embryonnaire.

C'est la raison pour laquelle ce forum vise à sensibiliser les acteurs et à bâtir un plan de développement pour les actions futures», affirme Victor Ndzana Nduga, coordonnateur du programme d'appui à la stratégie nationale de la finance inclusive. Face à une finance classique qui se porte plutôt bien, mais dont l'accès n'est pas toujours facile pour le plus petit opérateur économique, la finance islamique apparaît comme une solution.

En ce sens « qu'elle peut favoriser le développement de l'inclusion financière en visant tous ceux encore exclus du système financier traditionnel pour les motifs culturels, constituer un levier complémentaire pour la croissance économique en attirant les investissements étrangers, notamment ceux en provenance de certains pays du Proche-Orient désireux de recycler leurs excédents de liquidité », a relevé Louis Paul Motaze. Pour Jean- Luc Stalon, représentant résident du Pnud au Cameroun et qui accompagne le Minfi dans son combat pour l'inclusion financière, l'avantage de la finance islamique est qu'elle s'intéresse aux personnes qui n'ont pas toujours accès au service de finance classique notamment les personnes démunies et vulnérables.

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