Congo-Brazzaville: Enjeux politiques - Gilbert Ondongo juge «élogieux» le bilan du PCT

Le membre du bureau politique du parti au pouvoir a peint la situation économique et politique nationale, au cours du lancement du congrès fédéral de Brazzaville, demandant aux cadres et militants d'être fiers de ce qu'ils ont fait depuis leur retour aux affaires en octobre 1997.

Délégué national au congrès de la fédération du Parti congolais du travail (PCT)-Brazzaville, tenu du 9 au 11 décembre, Gilbert Ondongo a rappelé le contexte national dans lequel se tenaient ces assises en prélude du cinquième congrès ordinaire, prévu du 27 au 30 décembre. Selon lui, l'économie nationale, en récession en 2016 et 2017 après avoir résisté en 2014 et 2015 à la bourrasque dévastatrice de la chute des cours de matières premières, n'est pas encore au mieux de sa croissance. « Bon an mal an, l'économie congolaise remonte la pente. La croissance économique a été positive en 2018 et le sera encore pour cette année 2019 », a annoncé le ministre d'Etat, en charge de l'Economie, de l'industrie et du portefeuille public.

Gilbert Ondongo s'est dit étonné d'entendre ceux qu'il qualifie de détracteurs affirmer qu'il n'y a pas des raisons qu'une économie qui avait accumulé des richesses importantes s'effondre. Pour lui, toute économie nationale est appelée, à un moment ou à un autre, à être confrontée à la crise. C'est ainsi qu'il a pris l'exemple des Etats-Unis d'Amérique, première économie mondiale, avec la plus forte accumulation des richesses, qui ont été fortement secoués par la crise et la récession en 2008 et 2009.

« L'accumulation de la richesse nationale, définition par essence de la croissance économique, ne met nullement un pays à l'abri de la crise ou de la récession économique. Que cela soit ainsi entendu. Ne perdons donc pas le temps à prêter l'oreille aux propos infondés et souvent injurieux de nos détracteurs », a-t-il expliqué, invitant les membres du PCT à encourager le gouvernement à donner le meilleur de lui-même, à trouver des solutions idoines pour relancer durablement les activités économiques nationales.

Bannir l'Etat d'exception et la démocratie d'exception

S'agissant de la conjoncture politique nationale, le délégué national au congrès de Brazzaville s'est félicité, entre autres, de la paix qui règne sur l'ensemble du territoire national et du bon fonctionnement de la démocratie au Congo. Mais, il s'est dit préoccupé par la démarche entreprise par l'opposition extraparlementaire dont certains membres contestent le Conseil national du dialogue et posent de préalables pour leur participation au dialogue politique national. « (... ) Nous avons du mal à comprendre la contestation du Conseil national du dialogue par la frange dite radicale de l'opposition et l'appel par elle d'un dialogue d'exception. Ceux qui veulent à cor et à cri du dialogue exceptionnel ignorent ou feignent que l'on ne peut pas faire vivre la démocratie par des exceptions », a-t-il critiqué ouvertement, précisant que l'Etat d'exception et la démocratie d'exception sont tous condamnables.

Décrivant à sa manière la situation « calamiteuse » du pays sur tous les plans à la fin des années 1990, Gilbert Ondongo a rappelé que c'était un chaos total, un désastre absolu. « Nous pouvons affirmer sans courir le risque d'être démentis, qu'aucun parti politique au Congo ne peut présenter de bilan aussi élogieux que celui de notre grand et victorieux parti. Soyons fiers de nous, fiers de ce que nous avons fait depuis octobre 1997. Ne nous laissons pas entraînés, peut-être même traînés, par la critique facile et souvent mensongère de nos détracteurs. Savent-ils seulement que s'il n'y avait que de la mauvaise gouvernance dans ce pays, on n'aurait jamais obtenu les résultats que nous avons aujourd'hui ?», a-t-il poursuivi.

Le Congo, un pays à revenu intermédiaire

Citant les chiffres de la Banque mondiale, il a indiqué que la pauvreté a reculé au Congo de 51% du total de la population en 2005 à 36% en 2015. De même, il est passé du statut de pays pauvre à faible revenu à celui de pays à revenu intermédiaire. Toujours d'après lui, le Congo avait en 2015 la quatrième meilleure note exæquo d'Afrique, attribuée par les trois plus grandes agences internationales de notation de gestion des finances et des perspectives.

« Tout n'est pas parfait dans notre pays. Beaucoup reste encore à faire. Sans doute, il y a eu et il y a peut-être encore des erreurs dans la gestion des affaires du pays. Mais quel gestionnaire de la chose publique, dans le monde, peut se targuer de n'avoir jamais commis de faute ni d'erreur après des années et des années passées en responsabilité ? », a-t-il interrogé.

Parlant de l'élection présidentielle de 2021, le ministre d'Etat a déclaré que le moment viendra où le parti demandera au président de son comité central, Denis Sassou N'Guesso, de prendre ses responsabilités. « Nous espérons tous qu'il les prendra, comme il l'a toujours fait dans le passé, conformément à nos vœux. Il peut compter sur nous tous pour l'accompagner sans faille », a conclu Gilbert Ondongo.

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