Sierra Leone: La décision d'un tribunal régional redonne espoir à des milliers de filles enceintes exclues de l'école

communiqué de presse

Le 12 décembre 2019, la Cour de justice de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) s’est prononcée contre l’interdiction faite par le gouvernement de Sierra Leone aux jeunes filles enceintes de passer des examens et de suivre des cours dans un établissement ordinaire. En réaction à cette décision, Marta Colomer, directrice adjointe par intérim des campagnes pour l’Afrique de l’Ouest et l’Afrique centrale à Amnesty International, a déclaré :

« Le jugement rendu le 12 décembre 2019 est capital pour les milliers de jeunes filles exclues de l’école et dont le droit à l’éducation sans discrimination est bafoué depuis quatre ans du fait de cette interdiction intrinsèquement discriminatoire.

« Il représente aussi une lueur d’espoir pour toutes les filles qui, si elles sont enceintes à l’avenir, ne seront plus punies en étant contraintes à quitter l’école et à ne pas se présenter aux examens.

« Enfin, il envoie un message clair aux autres pays africains qui ont instauré des interdictions similaires, notamment la Tanzanie et la Guinée équatoriale, ou qui envisagent de le faire, à savoir qu’ils doivent se ranger à cette décision sans précédent et prendre des mesures pour permettre aux jeunes filles enceintes d’avoir accès à l’éducation, conformément à leurs obligations en matière de droits humains.

« Il faut maintenant que les autorités sierra-léonaises appliquent la décision sans délai. »

Pour obtenir de plus amples informations ou organiser un entretien, veuillez contacter le Service de presse d'Amnesty International : press@amnesty.org  ; tél : + 221 77 658 62 27 (Afrique de l’Ouest et Afrique centrale).

Complément d’information

Le 12 décembre 2019, la Cour de justice de la CEDEAO siégeant à Abuja (Nigeria) s’est prononcée contre l’interdiction faite par le gouvernement de Sierra Leone aux jeunes filles enceintes de passer des examens et de suivre des cours dans un établissement ordinaire.

Elle a estimé que la politique interdisant aux jeunes filles enceintes d’être scolarisées dans un établissement ordinaire en Sierra Leone s’apparentait à une discrimination et allait à l’encontre des dispositions de la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples et d’autres instruments de droit international auxquels cet État est partie. Elle a ordonné sa révocation immédiate.

WAVES, une organisation non gouvernementale (ONG) sierra-léonaise, avait saisi la Cour de justice de la CEDEAO au sujet de l’interdiction le 17 mai 2017, en partenariat avec Égalité Maintenant et l’Institut des droits de l’homme et du développement en Afrique (IHRDA). Amnesty International était intervenue en juin 2019 en qualité d’amicus curiae.

L’organisation a recueilli des informations indiquant en quoi l’interdiction, imposée en 2015 par le ministre de l’Éducation à la suite de l’épidémie d’Ebola, menace les droits de milliers de filles. On ne sait pas exactement combien de jeunes filles sont concernées. Selon les chiffres officiels, elles sont 3 000 mais, d’après des experts qui dressent un bilan de la situation, le chiffre réel est beaucoup plus élevé.

La Sierra Leone, la Tanzanie et la Guinée équatoriale doivent suivre l’exemple d’un nombre croissant d’États africains qui ont adopté des lois et des politiques qui protègent le droit des adolescentes à rester scolarisées pendant leur grossesse, montrant ainsi qu’une autre approche est possible.


Plus de: AI London

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