Afrique de l'Ouest: Rencontre des chefs d'Etat G5 Sahel à Pau - Des OSC se donnent rendez-vous à Pô

«L'Initiative souveraineté, dignité et paix » entend mener des actions dans les jours à venir pour «refuser toute forme de diktat extérieur et revendiquer une pleine et entière souveraineté». C'est ce qu'elle a déclaré hier 12 décembre 2019 dans l'enceinte de l'amphithéâtre D sis à l'université Ouaga I professeur Joseph Ki-Zerbo au cours d'une conférence de presse.

Aussitôt lancée, elle a appelé les organisations de la société civile de l'Afrique de l'Ouest à adhérer à une rencontre des Initiatives souveraines à Pô, au Burkina, dans le but d'adresser un message aux chefs d'Etat du G5 Sahel avant leur départ pour la «clarification» avec le président français à Pau.

L'organisation de marches et meetings dans les villes intérieures et les capitales politiques, la production de messages solennels contenant les besoins et les opinions des peuples à transmettre à chaque président membre des pays du G5 Sahel avant son départ pour la rencontre de Pau en janvier 2020 et des mobilisations populaires pour livrer un message le jour du départ et du retour des différents présidents.

Autant dire une batterie de mesures annoncées par «L'initiative souveraineté, dignité et paix» portée, selon les conférenciers, par au moins les cinq pays membres du G5 Sahel, notamment des organisations de la société civile.

Selon Imotep Bayala, responsable du mouvement «2h pour nous, 2h pour Kamita», cette initiative est née de la volonté de différentes couches des populations africaines indignées par «les propos condescendants et paternalistes du président français, Emmanuel Macron».

Celles-ci sont également convaincues que les peuples ont été longtemps tenus à l'écart du débat qui impacte leur vie quotidienne et exigent de ce fait que la donne soit revue.

Pour ce faire, un appel à la mobilisation et à l'adhésion de tous les leaders d'associations, de mouvements citoyens, de syndicats, de partis politiques, d'élèves et d'étudiants, de Forces de défense et de sécurité, entre autres, a été lancé.

Les organisations de la société civile de l'Afrique de l'Ouest ont été invitées à adhérer à une rencontre des Initiatives souveraines à Pô (au Burkina Faso) en vue d'adresser un message aux présidents malien, mauritanien, nigérien, tchadien et burkinabè. Imotep Bayala a précisé que la date de cette rencontre ainsi que les modalités pour y participer seraient déterminées.

«Notre principe est que plus jamais, un pays, fût-il le colonisateur, ne continuera pas à faire une injonction à un autre sur sa propre terre. La génération des ancêtres français qui ont colonisé nos ancêtres est révolue. Macron et la France doivent se rendre à l'évidence que la race des captifs africains est dépassée.

Il y eut une époque où l'esclavage, le colonialisme, le néocolonialisme étaient possibles, mais désormais, il n'y aura plus de gifle », a-t-il martelé dans un tonnerre d'acclamations d'étudiantes et d'étudiants qui ne se sont pas fait prier pour rallier ce même amphi libyen qui avait servi de cadre d'échanges entre Jupiter et la jeunesse africaine en fin novembre 2017.

Et d'ajouter que «nous voulons dire aux chefs d'Etat qu'il n'y aura d'intérêts à défendre que ceux des peuples. C'est pourquoi nous aurons un mémorandum qui précisera les priorités et les intérêts des peuples qu'ils représentent.

Ce sont ces besoins qui doivent primer à la rencontre de Pau. De toutes les façons, s'ils se résolvent à abandonner ces agendas ou se solidarisent avec un quelconque agenda impérialiste, il est clair que la volonté qu'ont ces peuples d'aller vers leur souveraineté et de s'assumer est irréversible. Ni Emmanuel Macron ni aucun chef d'Etat du G5 Sahel ne pourra l'arrêter», a-t-il prévenu.

Plus de: L'Observateur Paalga

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