Afrique de l'Ouest: Rencontre de Pau sur le Sahel - Un émissaire français à Kosyam

12 Décembre 2019

Le président du Faso, Roch Marc Christian Kaboré, a reçu le jeudi 12 décembre 2019 à Kosyam, l'envoyé spécial de la France au Sahel, l'ambassadeur Christophe Bigot. La question sécuritaire a été le menu principal des échanges.

La France s'active pour la préparation du sommet souhaité par son président, Emmanuel Macron sur la coopération militaire avec les pays du G5 Sahel. A cet effet, l'Hexagone a dépêché son envoyé spécial pour le Sahel, l'ambassadeur Christophe Bigot auprès du président du Faso, Roch Marc Christian Kaboré, le jeudi 12 décembre 2019.

A sa sortie d'audience à Kosyam, le diplomate français s'est dit rassuré par le contenu des échanges. «Le président du Faso a eu des propos très positifs sur la nécessité de travailler ensemble sur les défis sécuritaires qui devaient être l'objet du sommet du lundi 16 décembre prochain.

Mais compte tenu du malheur qui a frappé le Niger (une attaque qui a coûté la vie à 71 soldats nigériens, ndlr), il a été jugé préférable de reporter le sommet au mois de janvier 2020», a-t-il indiqué.

De son avis, le Burkina Faso, qui préside le G5 Sahel, aura un rôle important à jouer dans la préparation de ce sommet.

Cette rencontre, a poursuivi l'émissaire, doit évoquer les difficultés rencontrées, dégager les dispositifs sécuritaires et stratégiques pour répondre au mieux aux défis. M. Bigot dit être conscient des exigences des populations, des déplacés et autres victimes qui appellent à l'action. «Cette crise a trop duré.

C'est depuis 2013 que la région a connu le terrorisme sans vision et sans âme», a-t-il déploré. Puis de poursuivre que son pays et ceux du G5 Sahel œuvreront dans la perspective de ce sommet, à déboucher sur des mesures concrètes et des stratégies communes pour vaincre l'hydre terroriste.

Concernant la polémique à la suite de la forme de l'invitation des chefs d'Etat du G5 Sahel (par voie de presse à l'issue d'une rencontre de l'OTAN à Londres), l'envoyé spécial de la France s'est montré peu bavard sur la question.

« Le président Macron a adressé une lettre aux cinq présidents du G5 Sahel. Le président du Faso a reçu une lettre dans laquelle il est précisé très clairement les termes que c'est une invitation au dialogue, à la réflexion et à l'action face au péril terroriste », a-t-il soutenu.

Prendre en compte le développement

Pour lui, le plus important est de savoir qu'il y a urgence. «Nous avons eu 13 soldats français tués. Beaucoup de soldats des pays du G5 Sahel sont victimes de ces attaques.

Outre les attentats comme au Liban, c'est la première fois que nous avons eu autant de morts au combat», a expliqué M. Bigot tout en invitant à comprendre l'émotion des Français. C'est un sentiment légitime qui commande une urgence dans l'action, a-t-il signifié.

A ce propos, l'envoyé spécial a lancé un appel à la mobilisation. «Nous sommes contents que le sommet de la CEDEAO se tienne sur la question.

C'est important de pouvoir se mobiliser dans le cadre du G7 et de l'Union européenne afin qu'on puisse apporter une aide à la formation des gendarmes et des policiers qui mènent des enquêtes auprès de la population.

Aussi, nous souhaitons que des pays européens soient disposés à envoyer des forces spéciales au Sahel pour marquer leur volonté de combattre», a-t-il noté.

L'ambassadeur français a, par ailleurs, insisté sur la nécessité de prendre en compte le développement dans la lutte contre l'extrémisme au Sahel.

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