Madagascar: Conférence pour le climat - Les plus grands pollueurs traînent les pieds

Alors que la 25e Conférence des parties pour le climat (COP25) qui se tient à Madrid, en Espagne, depuis le 2 décembre 2019 fermera ses portes ce soir, rien de bien significatif n'est sorti des négociations sur le plus grand volet de cette conférence mondiale, à savoir l'aspect technique de la mise en œuvre de l'Accord de Paris de 2015.

L'Accord de Paris prévoit, d'ici à fin 2020, des plans à objectifs plus élevés en matière de réduction des émissions de gaz à effet de serre (GES) des Etats signataires. Le but ultime étant de maintenir le réchauffement climatique en dessous de +1,5°C par rapport à l'ère préindustrielle. En d'autres termes, il s'agit de présenter de manière concrète et chiffrée les engagements de réduction des émissions. Hier, à J-1 de la clôture de la COP25, les avancées dans ce volet sont plus que modestes. Une situation prévisibles dans la mesure où les enjeux économico- financiers sont considérables pour les plus grands pollueurs. Les chapitres qui divisent concernent notamment les sujets épineux des marchés carbone et du mécanisme des pertes et préjudices, sont particulièrement difficile à boucler. Aucun compromis ne semble avoir été trouvé pour l'instant. L'article 6 de l'Accord de Paris, sur les marchés carbone touche pourtant un volet crucial de la lutte contre le réchauffement climatique car implique des investissements conséquents en vue de réduire les émissions, en optant par exemple pour les énergies renouvelables.

Engagements timides. Dans les détails, les petites avancées observées concernent l'engagement de quelques Etats à réviser à la hausse leurs ambitions en matière de réduction des émissions de GES. Seulement, ces pays ne représentent qu'une petite partie des émissions mondiales. Actuellement, 80 pays se sont engagés à présenter de nouveaux plans à objectifs plus appréciables d'ici à la fin de l'année prochaine. Ces 80 pays ne représentent, cependant que 10 % des émissions mondiales de CO2. Avant la COP25, ils étaient au nombre de 68, totalisant 8% des émissions sur toute la planète. De leur côté, des entreprises, des villes et des régions ont, elles aussi, promis de passer à l'action. C'est ainsi que près de 400 villes et près de 800 entreprises se sont engagées à atteindre la neutralité carbone à l'horizon 2050. Or, le plus grand problème réside dans la réticence des pays les plus grands pollueurs. En effet, si la majorité des pays s'engage à réduire leurs émissions, alors que plusieurs pays, responsables de la plus grande partie des émissions de GES, ne respectent pas leurs engagements, ou refusent de s'engager en faveur du climat, les efforts du reste du monde seraient réduits à néant.

Issue finale. Depuis mercredi dernier, les négociations passent des mains des techniciens et experts, aux représentants ministériels des pays. Là où les décisions finales sont prises. Au rythme des avancées des négociations, les objectifs attendus de la COP25 sur le mode et le mécanisme de mise en œuvre de l'Accord de Paris risquent, globalement, de ne pas être atteints. On sera fixé bien assez tôt sur l'issue de cette conférence.

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