Congo-Brazzaville: Décentralisation - Bilan mitigé treize ans après

Le gouverneur de la province du Lualaba, Richard Muyej, a estime que le pays doit accorder impérativement une place de choix « à la recherche et la prospection pour réaliser un développement équilibré », aucun succès n'étant possible sans un développement véritablement équilibré des différentes provinces de la République démocratique du Congo (RDC).

Patron de la province la plus riche du pays en se référant bien entendu à l'état actuel des recherches certifiées, Richard Muyej Mangeze a appelé le gouvernement central à initier et à financer la recherche et la prospection pour permettre ainsi de capitaliser les richesses de chaque province. Il a fait cette proposition à l'occasion du deuxième forum national sur la décentralisation en RDC, ouvert le 11 décembre à Kinshasa. L'objectif poursuivi par les participants était d'évaluer le processus de mise en œuvre de la décentralisation, treize ans après.

Selon lui, il n'existe pas de provinces pauvres dans le pays, du moins au niveau des richesses potentielles et inexploitées. « Malgré le partage des compétences établi par les textes légaux dans le domaine du développement, la pratique sociale montre que les entités locales sont aux prises avec les velléités du pouvoir central, de l'insuffisance des moyens », a-t-il dénoncé.

L'ensemble du pays a besoin aujourd'hui de s'engager dans la voie du développement inclusif et il est indispensable, selon lui, d'atteindre cet objectif en diversifiant les débouchés pour les jeunes. « Notre pays, la RDC, au potentiel immense, est appelé à jouer le rôle de moteur d'émergence du continent, mais pour parvenir à cet objectif, il lui revient d'assurer son propre développement dans tous les domaines », a signifié le gouverneur de la provinve de Lualaba.

En cherchant à lancer, par exemple, les parcs agricoles, le Lualaba qui détient plus de 75 % des gisements de cobalt et de cuivre de l'ex-Katanga tenait à juguler un phénomène bien inquiétant. Il s'agissait de réduire le flux migratoire vers les centres miniers essentiellement, avec le risque de constituer un véritable fléau dans un avenir proche pour la province. L'exploitation artisanale occupe près de cent cinquante mille creuseurs, dont une bonne partie vient des provinces voisines. Cette situation contribue à créer l'insécurité dans les principaux sites miniers, a-t-il fait savoir.

Pour Richard Muyej, il revient forcément aux autorités provinciales de donner un coup d'accélérateur au développement de leurs provinces respectives. Toutefois, cela ne devrait se faire que par une collaboration franche entre le pouvoir central, les provinces et les entités décentralisées. « Pour que la décentralisation soit effective, il est important de considérer le rapport entre différents niveaux du pouvoir central, provincial et local, soit de type partenarial. La collaboration entre ces trois niveaux doit être teintée d'un esprit de respect mutuel et de complémentarité », a-t-il conclu.

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