Congo-Kinshasa: Come-back des musiciens congolais sur la scène européenne

C'est presqu'une décennie déjà depuis que les musiciens congolais de Kinshasa ne se produisaient plus en Europe et dans des pays africains où réside une forte communauté congolaise comme en Afrique du Sud, en Amérique également.

Cette sanction imposée par les "combattants ", entendez «les congolais de la diaspora hostiles au régime Kabila», semble être levée de facto, à la grande satisfaction des amoureux de la culture. La diaspora congolaise a relâché la pression pour mettre fin à cette censure qui a fait plus du mal, surtout aux célèbres musiciens congolais habitués d'haranguer des foules dans des grandes salles mythiques européennes.

En effet, Koffi Olomidé dit le "Rambo congolais", dans une publication faite à travers ses voies officielles, s'annonce au pays de Nelson Mandela, en Afrique du Sud, du 19 au 21 décembre 2019. De Cap Town à Johannesburg, l'homme de Tchatcho livrera des concerts et spectacles au grand bonheur du public sud-africain. Il n'y a pas deux sans trois, dit-on. Dans la foulée, le Quadra Koraman sera également en France à Paris, siège des "combattants", où il sera en concert à "La défense Arena " le 28 février 2020, pour la sortie officielle de son album "Légende".

Par ailleurs, on note également un grand retour sur scène la musicale européenne de l'un des meilleurs artistes africains du moment, dans la salle mythique d'Accord Hotels Arena (ex Bercy), le congolais Fally Ipupa surnommé "The King". Signalons que ce come-back de la Rumba congolaise intervient après l'alternance au sommet de l'Etat congolais, avec l'élection à la présidence de la République de Félix Tshisekedi Tshilombo. Ce changement, il faut le noter, était très entendu par ces combattants de la lutte contre la dictature.

Opposants au régime Mobutu autrefois, ils se sont radicalisés farouchement contre le pouvoir de l'ancien Président Joseph Kabila Kabange, mais aussi contre toute personne qui mangeait avec lui. Pour tenter de se racheter, en 2013, Fally Ipupa avait lancé sur les medias étrangers un message fort où il avait dit, on cite : " Les autorités de la RDC, doivent amener la paix une fois pour toute". Preuve que les artistes avaient et ont durant tout ce temps, ce souci de voir la RDC retrouver ses valeurs dans la paix.

Si, hier, Joseph Kabila avait été considéré comme "problème", aujourd'hui le pays est dirigé par « Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo », un Kinois de la diaspora, l'alibi Kabila, appartenant déjà au passé depuis près d'un an, les combattants n'ont plus aucune raison de vendre négativement l'image du pays à l'étranger. Le cas du Rwanda est une école, quand bien même la comparaison n'est pas du tout raison, dit-on.

Mais, après le génocide, des artistes musiciens rwandais décidèrent d'organiser une tournée pour faire danser leur communauté de la diaspora afin de leur faire oublier tant soit peu les affres de cette ignoble tragédie humaine. Cet acte n'était pas pour leur réjouir de ce qui s'est passé chez eux, mais plutôt, une façon d'essuyer les larmes et de remonter le moral de leurs frères et sœurs qui sont éloignés de leur pays. Question de garder la tête haute malgré les atrocités subies.

La musique congolaise, tout le monde le sait, était au top sur la scène musicale africaine. Mais, actuellement, elle est détrônée par le Nigeria depuis quelques années. La chasse aux stars congolaises par les combattants serait l'une des causes majeures de cette chute vertigineuse de l'emblématique "rumba congolaise".

Ainsi, un appel pathétique est lancé à tous nos compatriotes de la diaspora pour cesser ces pratiques qui ruinent les valeurs culturelles congolaises en Afrique et partout dans le monde.

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