Madagascar: Eugénie Razanamalala - Parcours d'une femme entrepreneure hors du commun !

Non, Eugénie Razanamalala n'a ni inventé un ordinateur hyper puissant « Made in Madagascar », ni créé un réseau social utilisé par des millions d'utilisateurs. C'est une femme modeste d'une quarantaine d'années qui a gravi les échelons, armée de courage et de volonté de réussir. Retour sur le parcours atypique de cette entrepreneure du temps où elle était femme de chambre à Ambatovy jusqu'à son statut actuel de directeur de sa propre entreprise de confection.

Un destin cousu d'or ? Certainement pas, Eugénie Razanamalala n'est pas de ces personnes qui ont grandi entourées de tout ce dont elles ont besoin. Mais sa vie n'est pas non plus un long fleuve sans embûche. Elle est issue d'une famille modeste qui vivait essentiellement de couture. C'est donc auprès de sa mère qu'elle a acquis toutes les techniques de confection dès son jeune âge. Or, la vie d'une couturière n'est pas toujours simple sur le marché local, il faut trouver des clients, et le plus souvent il n'y en a pas surtout lorsqu'on n'a pas encore de nom sur le marché. Et pourtant, le destin ou surtout sa détermination va propulser la carrière de cette jeune femme ambitieuse, suite à sa rencontre avec la société Ambatovy. Elle y occupa d'abord la fonction de femme de chambre au début de sa carrière. Puis ayant entendu que la société de raffinement de cobalt et de nickel souhaite collaborer avec des entreprises de couture locales pour la réalisation de kits d'uniformes de travail. Elle n'a pas hésité à présenter au responsable ses talents pour la couture. Le premier contact établi, les responsables d'Ambatovy lui ont proposé de suivre une formation en couture avec d'autres candidats, elle est parvenue à s'illustrer face à tous ses concurrents.

Premières commandes. L'aventure d'Eugénie Razanamalala dans le milieu de l'entrepreneuriat a débuté en 2007. La société Ambatovy lui confiait à cette époque la fabrication de paires de gants. « Au départ, nous étions deux et nous devions confectionner manuellement 40 paires de gants par jour ». La rigueur et la qualité du travail de la confection Vonjy, nom de l'entreprise d'Eugénie Razanamalala, plaisaient à Ambatovy qui par la suite décide de soutenir la jeune femme de 35 ans en améliorant son petit atelier de couture en le dotant de machines à coudre industrielles et d'intrants. Et pourtant à cette époque, l'unique client était particulièrement exigeant sur la qualité. « Nous étions très stricts sur la qualité des produits finis qui nous étaient livrés, au moindre petit défaut ou non-conformité, nous lui demandions de refaire le travail jusqu'à ce que le produit final répondisse à nos normes de sécurité » nous a raconté les responsables auprès d'Ambatovy. Ce qui ne représentait pas un frein pour la confection Vonjy. Au contraire, Eugénie Razanamalala voyait cela comme un moyen d'améliorer la qualité de son travail et de satisfaire le besoin de son client.

Echappée belle. Les commandes devenaient plus volumineuses, désormais la confection Vonjy s'appliquait également à la production de chemises, pantalons, combinaisons et de gilets de travail pour le personnel d'Ambatovy. L'équipe a dû s'agrandir, de deux, ils sont passés à une dizaine de personnes, puis une quarantaine actuellement. . Et les aides d'Ambatovy ont continué d'année en année. En 2013, par le biais du Business Training Center, la société de raffinement a fourni à la confection Vonjy des formations en système de management de la qualité, en ressources humaines, en gestion financière, en entrepreneuriat et en accompagnement en matière de recherche de financement. Et comme une chose en entraîne une autre, il a aussi fallu créer d'autres ateliers afin d'assurer les 10.000 pièces annuelles demandées par Ambatovy en plus des commandes des autres sociétés qui font désormais elles aussi appel au service de l'équipe d'Eugénie Razanamalala.

Exemple. Pour l'année prochaine, la confection Vonjy qui a désormais son nom parmi les grandes confections de Toamasina projette d'étendre ses activités et d'acquérir son propre local. En effet, pour l'instant, Eugénie Razanamalala doit encore louer les locaux où elle travaille. Quoi qu'il en soit, cette mère de famille a fait preuve d'une grande ténacité pour arriver à sa situation actuelle. Et c'est d'ailleurs son message pour toutes les femmes malgaches. « Être une femme ne doit jamais être un complexée et ne signifie pas qu'on ne peut réussir dans le milieu de l'entrepreneuriat ! » a-t-elle dit.

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