Madagascar: Code de la Communication et loi sur les VBG - Adoption boycottée par les députés IRD

Le Code de la Communication médiatisée a été adopté au niveau de l'Assemblée nationale cette semaine. Malgré cela, la liberté de la presse est toujours menacée.

Pour cause, les députés ont décidé de maintenir la disposition relative à l'interdiction, pour les journalistes, de publier des informations issues des réunions à huis clos. Une interdiction qui porte atteinte à l'essence même du métier des journalistes. Un véritable blocage aussi contre le journalisme d'investigation. Les députés de Madagascar ont donc choisi d'enterrer le concept de « scoop ». Les journalistes ne serviront plus qu'à rapporter les informations officielles et les communiqués de presse. L'ancienne législature ayant été connue et reconnue par la politique de la mallette et les réunions à huis clos durant lesquelles les députés cogitent pour élaborer une stratégie afin de mettre la pression sur le gouvernement, l'actuelle Assemblée nationale risque aussi de reprendre cette mauvaise pratique. Le projet de loi n°004-2019 du 02 octobre 2019 portant modification de certaines dispositions de la loi 2016-029 du 14 juillet 2016 portant Code de la communication médiatisée ayant été adopté au niveau de la Chambre basse, la balle est donc désormais dans le camp des sénateurs.

Augmentation de salaire. Heureusement que cette loi n'a pas encore été promulguée, sinon le peuple malgache n'aurait pas pu savoir qu'actuellement, les députés sont en train de mettre la pression sur le gouvernement et réclament une augmentation de salaire, outre l'acquisition d'un véhicule 4×4 pour chaque député. Par ailleurs, Tsimbazaza exige aussi que les maires soient écartés de la gestion du budget du CLD. Non seulement les membres de la Chambre basse souhaitent gérer seuls le CLD mais réclament aussi l'augmentation du fonds alloué au comité local de développement à 3 milliards de Fmg. Après la ministre Lalatiana Rakotondrazafy, ce fut au tour de la Première Dame hier de subir le boycott des députés. En effet, prévue se dérouler hier en séance plénière, l'adoption du projet de loi sur la lutte contre les Violences Basées sur le Genre (VBG) a été reportée. La date de l'adoption doit attendre la venue de la présidente de l'Assemblée nationale, Christine Razanamahasoa qui était absente hier. Les députés estiment que cette loi favorise le mariage homosexuel. Pourtant, aucune disposition de ce texte n'évoque cette question. La question est alors de savoir si les députés ont eu le temps de lire le texte.

Comportement des députés. Hier, la Directrice générale du Ministère de la Justice a apporté des explications techniques sur ce projet de loi. Selon ses dires, « aucun article de ce projet de loi n'évoque ni l'homosexualité ni le mariage pour tous ». En effet, cette loi vise surtout à protéger les victimes, que ce soit une femme, un enfant ou un homme, mais aussi à améliorer les procédures pénales, notamment à propos de l'obligation de signalement. En boycottant l'adoption de ce texte de loi, les députés pourraient être accusés d'être complices des violences. Nul n'ignore d'ailleurs que la lutte contre les VBG constitue une priorité pour Mialy Rajoelina qui a été choisie pour être l'Ambassadrice du FNUAP sur la question. Une question se pose aussi sur le comportement des députés IRD. Quid de la disposition relative à la discipline de parti? Si la majorité parlementaire a soutenu le Ministère pour le Code de la Communication médiatisée, l'article sur la publication des informations sur les réunions à huis clos n'aurait pas été enlevé. A l'allure où vont les choses, la majorité parlementaire risque déjà d'être menacée par la scission, à quelques mois seulement de la formation de la nouvelle équipe à l'Assemblée nationale.

Ne ratez pas ce que tout le monde regarde

Plus de: Midi Madagasikara

à lire

AllAfrica publie environ 600 articles par jour provenant de plus de 140 organes de presse et plus de 500 autres institutions et particuliers, représentant une diversité de positions sur tous les sujets. Nous publions aussi bien les informations et opinions de l'opposition que celles du gouvernement et leurs porte-paroles. Les pourvoyeurs d'informations, identifiés sur chaque article, gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. En effet AllAfrica n'a pas le droit de modifier ou de corriger leurs contenus.

Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica. Pour tous vos commentaires ou questions, contactez-nous ici.