Ile Maurice: Education - Des facilitateurs qui éduquent avec le cœur

13 Décembre 2019

Leur rôle: encadrer les élèves ayant eu de mauvais résultats au PSAC. Ces facilitateurs de l'Extended Programme reviennent sur leur mission.

«Nous voudrions qu'un facilitateur puisse agir comme un bon père, un ami, un conseiller et un mentor. Qu'il prenne l'intérêt de tout enfant sans exception.» À l'auditorium Octave Wiehe, à Réduit, mardi 10 décembre dernier, la ministre de l'Éducation, Leela Devi Dookun-Luchoomun, a rencontré les facilitateurs de l'Extended Programme.

Fondé sur le concept du Nine-Year Schooling en 2018, ce programme vise à doter l'apprenant d'aptitudes requises pour ses études. Cela, tout en lui offrant le choix de rester dans le collège régional qu'il fréquente ou alors de poursuivre ses années d'études dans une institution technique, après l'examen de Grade 9. Le programme comprend deux aspects, les lifeskills et le secondary school readiness.

Les facilitateurs, au nombre de 150, sont chargés d'encadrer quelque 3000 élèves n'ayant pas eu une bonne performance aux examens du Primary School Achievement Certificate. Parmi les facilitateurs présents, certains ont pu partager leur expérience en tant qu'accompagnateurs, ce que cela implique et la logistique utilisée afin de permettre un bon accompagnement.

Durant la mise en place d'une stratégie pour l'Extended Programme, les problèmes de lifeskills, d'alphabétisation et de numeracy ont été les handicaps majeurs au niveau des élèves. De ce fait, des facilitateurs constitués en équipe ont été les panel writers pour les manuels de l'Extended Programme à l'Institut de pédagogie. Heshwary Ramjus, qui fait partie de l'équipe et est facilitatrice au collège d'État de Triolet, parle d'un programme d'études adapté au matériel d'apprentissage et aux besoins des apprenants. «Nous essayons de résoudre les difficultés d'apprentissage et d'accorder aux élèves suffisamment de temps pour développer les schémas de communication nécessaires pour écouter, parler et écrire.»

De plus, le contenu des manuels est présenté de manière efficace et les cours sont au rythme des élèves. La langue utilisée dans les livres est simple et claire afin de faciliter la compréhension. «Les activités du livre sont visuelles, auditives et tactiles afin de s'adapter au style d'apprentissage des élèves et les activités d'enseignement sont interactives et basées sur des jeux qui utilisent du matériel visuel pour rendre le processus d'apprentissage agréable et mémorable», fait comprendre Heshwary Ramjus. Le travail en groupe et le travail en binôme sont encouragés.

Priya Ramkisson, facilitatrice au Doha Secondary School de Souillac, quant à elle, parle de travail d'inclusion que son établissement entreprend auprès des élèves de l'Extended Programme. «Nous nous reposons sur la philosophie de l'inclusion et nous répondons au besoin de chaque personne de se sentir acceptée, valorisée et sécurisée.»

Pour elle, l'inclusion équivaut à lutter contre «l'exclusion sociale». «Un rapport démontre qu'un enfant issu d'une famille défavorisée souffre d'un parcours scolaire douloureux», souligne-t-elle. Afin d'alléger leurs difficultés financières, le Doha Secondary School de Souillac leur offre un repas quotidiennement et des vêtements de temps à autre. «Nous prenons aussi l'habitude d'impliquer les parents dans l'apprentissage de leur enfant.»

Pour Azheghen Coothen du collège Patten, un facilitateur doit être le soutien principal dans un établissement scolaire. «Un jeune n'a pas seulement des moments difficiles chez lui, mais également à l'école. Nous devons être là pour pouvoir les distinguer et faire en sorte d'aider ces élèves», remarque-t-il.

Selon Azheghen Coothen, avec les diverses difficultés auxquelles fait face la jeunesse, telles que les problèmes familiaux et la mauvaise utilisation de l'Internet, ils ont tendance à se soucier uniquement de l'instant présent. De plus, il ajoute que cela arrive que des personnes fassent des commentaires sur le travail des facilitateurs, soutenant que ces derniers dépensent énormément de leur énergie pour peu de changements. «Ce que j'ai à répondre, c'est que la patience est le mot-clé et la persévérance est la devise.»

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