Cameroun: Parlement - Une session et de nombreuses attentes

Au moment où députés et sénateurs reprennent du service ce jour, les préoccupations des populations, dictées par l'actualité, vont vers l'accélération de la décentralisation et la mise en place du statut spécial du Nord-Ouest et du Sud-Ouest.

C'est donc ce jour que les députés et les sénateurs retrouvent le chemin des hémicycles dans le cadre de la session extraordinaire des deux chambres du Parlement convoquée avant-hier par leurs présidents respectifs. Toutefois, l'actualité au Cameroun ces trois derniers mois peut suggérer des pistes à ceux qui s'impatientent. Ainsi, du 30 septembre au 4 octobre 2019, s'est en effet tenu à Yaoundé, le Grand dialogue national, sur convocation du président de la République.

Ces travaux qui ont rassemblé de nombreux Camerounais, sans distinction, ont débouché sur des recommandations. On se rappelle en outre qu'à peine ces travaux conduits par le Premier ministre, chef du gouvernement ont été bouclés que le président de la République a pris un engagement, non seulement vis-à-vis des participants à ces travaux, mais de l'ensemble de ses compatriotes : celui de veiller à « un examen attentif et diligent dans la perspective de leur mise en œuvre ». Que contenaient ces recommandations ? Nous pouvons citer, sans être exhaustif, l'accélération du processus de décentralisation, avec la mise en place d'un statut spécial pour le Nord-Ouest et le Sud-Ouest.

Sur ce sujet, le président Paul Biya n'avait du reste pas attendu la tenue de ces travaux pour se prononcer. S'adressant à ses compatriotes, dans le cadre de son traditionnel message de fin d'année 2017, il déclarait déjà : « Les consultations que j'ai menées, mais aussi les multiples avis et suggestions que j'ai recueillis, m'ont conforté dans l'idée que nos concitoyens souhaitent participer davantage à la gestion de leurs affaires, notamment au niveau local ».

Dès lors l'accélération du processus de décentralisation devait, de son point de vue, « permettre de renforcer le développement de nos régions ». D'où des mesures prescrites au gouvernement pour « la mise en œuvre des mesures nécessaires pour concrétiser rapidement cette réforme majeure ». A cet effet, l'on se rappelle que le 30 novembre 2019, lors de la présentation du Programme économique, financier, social et culturel du gouvernement pour l'année 2020, le Premier ministre, Joseph Dion Ngute avait déjà laissé entrevoir quelques pistes lorsqu'il a annoncé : « ... l'accent sera mis sur la révision des lois n°2004/017 du 22 juillet 2004 d'orientation de la décentralisation et n°2004/018 fixant les règles applicables aux communes. » En clair, il est question pour le gouvernement de revoir l'ensemble de l'ossature qui régit le processus de décentralisation et de se pencher sur le désir aident des populations de se sentir plus concernées par la gestion de leur vécu quotidien, en leur octroyant plus de responsabilités dans certains domaines.

De même qu'il est toujours posé, la question du statut de l'élu local et de la création d'une fonction publique communale. Il n'est pas inutile de rappeler que dans le cadre de la seconde loi mentionnée plus haut, l'existence de certaines entités, les délégués du gouvernement pour ne pas les citer, a toujours été au cœur du débat au sein de l'opinion. Comme l'a encore démontré le débat lors du Grand dialogue national. Autre chantier attendu, et non des moindres, la mise en place d'un statut spécial pour les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest.

Cette recommandation du Grand dialogue national, pour laquelle le président Paul Biya a affirmé son adhésion et dont la majorité des Camerounais attendent de voir la forme. Il est de toute façon question de reconnaître le caractère spécifique de ces régions dans certains domaines. Last but not the least, l'entrée en scène des conseils régionaux sur lesquels les populations fondent également de nombreux espoirs. La session s'ouvre dans quelques heurs. On saura très vite.

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