Sénégal: Electricité et emprionnement d'activistes - "Ño lank, Ño bañ" dans la rue

Dakar — La plateforme "Ño lank, Ño bañ", qui réunit plusieurs mouvements dont "Y en a marre", "Frapp France Dégage" et des partis politiques, protesté, vendredi après-midi, à Dakar, contre la hausse du prix de l'électricité et l'emprisonnement d'une dizaine d'activistes dont Guy Marius Sagna et l'universitaire Babacar Diop.

Une marche de protestation s'est déroulée en présence de plusieurs figures de la plateforme, qui ont pris la parole pour dénoncer la hausse en vigueur depuis le 1er décembre du prix de l'électricité et le placement sous mandat de dépôts des activistes.

L'avocat Massokhna Kane, président de SOS Consommateurs, fustigé la politique énergétique de l'Etat, en affirmant qu'elle a connu un "échec". Il estime même que pour l'essence, les prix "doivent baisser d'au moins 25 à 30%", si les pouvoirs publics s'en tiennent à "la vérité des prix".

Concernant l'électricité, le prix auquel elle est vendue au Sénégal est "l'un des plus chers au monde", selon Me Kane. "Nous sommes en train d'étudier les voies et moyens d'attaquer cette augmentation devant la Cour suprême", a-t-il annoncé.

Abdoulaye Ndoye, le secrétaire général du CUSEMS, un syndicat d'enseignants, le député non inscrit Cheikh Bamba Dièye et l'opposant Thierno Bocoum, leader de l'Alliance générationnelle pour les intérêts de la République (AGIR) ont appelé les populations à se mobiliser davantage, contre la hausse du prix de l'électricité et l'arrestation des activistes.

Des étudiants de l'Université Cheikh-Anta-Diop se sont fait entendre en menaçant de paralyser les écoles et les universités si leurs camarades et le professeur de philosophie Babacar Diop ne sont pas libérés.

Le mouvement "Frapp France Dégage" a saisi l'occasion pour annoncer une autre marche prévue vendredi prochain, pour exiger la libération de son leader Guy Marius Sagna, de Babacar Diop et des autres détenus. Ils ont été arrêtés à la suite d'une marche de protestation devant le palais présidentiel.

Les manifestants ont appelé les abonnés de la Société nationale d'électricité à "ne pas payer les factures du mois de janvier 2020".

Jean-Pierre Dieng, de l'Union nationale des consommateurs du Sénégal, appelle à la mobilisation du peuple et déclare que "la lutte ne fait que commencer". "Après la hausse du prix de l'électricité, ce sera celle des prix du riz, du gaz, du pain, de l'eau, du transport... Tout va augmenter au Sénégal", prévient M. Dieng.

Mouhamadou Mactar Sourang, du Front de résistance nationale, a déclaré qu'une "jonction" était en train de se faire entre la société civile, les syndicats et les politiques. "L'Etat a mis sur pied un plan d'ajustement structurel (... ). Il va privatiser des sociétés nationales et d'autres mesures vont s'en suivre. L'Etat doit nous laisser avec nos miettes", lance-t-il.

Alioune Sané, du mouvement "Y en a marre" et coordonnateur de "Noo lank, Noo Bagne", s'est réjoui de la présence du peuple sénégalais, tout en appelant à ((relever le défi de la détermination". Il appelle le Président de la République à prendre "un décret annulant l'augmentation des prix de l'électricité".

Selon Fadel Barro, de "Y en a marre", déclare que "la préoccupation est nationale parce que la population sent la hausse de l'électricité et veut qu'on libère les emprisonnés".

"La marche est une manière parmi d'autres de nous exprimer et de montrer notre désaccord avec la hausse du prix de l'électricité et de ces emprisonnements tous azimuts. Demain, on avisera sur les autres stratégies à tenir pour aller jusqu'au bout de ce combat", a-t-il lancé.

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