Maroc: L'intelligence artificielle, entre opportunité et menace pour la santé

13 Décembre 2019

En dépit des opportunités infinies offertes à l'économie et à la société en raison de ses applications dans pratiquement tous les domaines de la vie quotidienne, l'intelligence artificielle (IA) peut également engendrer des risques, notamment en matière de violation du secret professionnel et de déshumanisation de la relation avec le patient, a estimé, jeudi à Casablanca, le professeur Wajih Maazouzi, spécialiste de chirurgie cardio-vasculaire.

Le cardiologue, qui animait une conférence sous le thème "Intelligence artificielle et santé, une opportunité ou une menace également?", organisée par la Fondation de la mosquée Hassan II de Casablanca dans le cadre de son programme scientifique et culturel pour la saison 2019-2020, a qualifié l'intelligence artificielle d'une force naturelle et d'un "tsunami numérique" ayant les données comme carburant et l'informatique comme moteur, tout en exposant ses nombreuses applications, en particulier dans la médecine.

Il a abordé son utilisation en matière de chirurgie robotique, de réalité virtuelle, d'objets connectés, de tests génétiques, d'exploitations des données dans la recherche, d'imprimante pour les dispositifs médicaux, de simulation pour la formation du personnel, de robots animateurs, mettant l'accent, en premier lieu, sur ce que l'IA offre en matière d'aide au diagnostic et de prévention cardiovasculaire.

M. Maazouzi, connu notamment pour avoir réalisé, en 1995, une première au Maroc en transplantant un cœur humain, a souligné, par ailleurs, que l'IA, comme toute médaille, a aussi son revers, détaillant dans ce sens les risques qu'elle peut engendrer en matière d'atteinte à la vie privée et violation du secret professionnel, d'utilisation à des fins malveillantes, de déshumanisation de la relation avec le patient, de responsabilité en cas d'erreur, de dégradation de la neuroplasticité, d'émoussement du sens clinique et de manipulation et d'inégalité.

En ce qui concerne la responsabilité en cas d'erreur, le professeur a rappelé la "Déclaration de Montréal pour un développement responsable de l'intelligence artificielle", en particulier le 8ème principe stipulant que "dans tous les domaines où une décision qui affecte la vie, la qualité de la vie ou la réputation d'une personne doit être prise, la décision finale devrait revenir à un être humain et cette décision devrait être libre et éclairée".

M. Maazouzi, qui s'est interrogé sur ce que dévoilent les deux faces de l'IA, a relevé que, de plus en plus des voix s'élèvent pour demander que "l'éthique, qui doit toujours guider la démarche du professionnel de santé, constitue le nécessaire contrepoids à un développement aveugle et sans limite de l'intelligence artificielle".

Lors de cette rencontre, organisée en partenariat avec l'amicale des retraités de Société générale Maroc, le professeur a également revenu sur l'historique de l'apparition de l'IA, la définition de ce concept complexe, les différents visages de l'IA (IA faible, super IA et IA forte), tout en présentant la répartition par pays de la production scientifique en la matière.

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