Congo-Brazzaville: Fin d'année 2019 - Le président de la République s'adresse à la Nation mardi

Le parlement réuni en congrès recevra le chef de l'Etat, Denis Sassou N'Guesso, le 17 décembre, pour son message sur l'état de la nation. Il est possible qu'il dresse le bilan de l'année qui s'achève, dans ce qu'elle a eu comme performances et contreperformances, et se projette sur l'année 2020, charnière aux échéances électorales à venir.

Bien plus tôt que de coutume, le président de la République s'adressera à la nation, mardi 17 décembre, à l'occasion d'une cérémonie solennelle au Palais des congrès. En face de lui se trouveront, en premier lieu, les députés et sénateurs dont le rituel est constitutionnellement dédié à travers les deux chambres du parlement qu'ils représentent, à savoir l'Assemblée nationaleet le Sénat. Il y aura bien évidemment aussi les corps constitués nationaux et le corps diplomatique.

Par-delà cette symbolique protocolaire indispensable à ce genre de tribune, c'est bien à l'ensemble des Congolais que Denis Sassou N'Guesso parlera. C'est pour cela que ce message est attendu par tous, d'autant qu'il a lieu à l'orée de la nouvelle année, dans un contexte marqué par un certain nombre d'interrogations liées à la situation socioéconomique toujours difficile, alors qu'approchent les échéances électorales de 2021 et 2022.

Rassurer

En toute logique, les Congolais s'impatienteront d'écouter le président de la République les rassurer sur les questions qui sont à cheval entre leur quotidien et leur futur immédiat. Au plan économique, ils voudront, par exemple, comprendre, en dépit de la conjoncture, que le gouvernement poursuivra les réformes structurelles afin d'assainir l'administration publique de ses dysfonctionnements pour mériter de leur confiance et des partenaires au développement.

Il est vrai que les derniers développements avec le Fonds monétaire international (FMI), qui vient de repousser à plus tard l'examen du dossier du Congo, initialement prévu pour fin décembre, sont vécus avec une certaine appréhension. Quand bien même, cela a été dit et répété par des voix autorisées, l'accord avec le FMI n'est pas une fin en soi. Pour les pouvoirs publics comme pour les citoyens eux-mêmes, ce qui paye mieux en la matière est la façon dont l'expertise nationale se met ensemble pour impulser le développement du pays. On pourrait donc continuer d'exiger de tous que l'agriculture, le tourisme, l'élevage, le bois, les mines composent avec le pétrole pour tirer les citoyens de l'incertitude qui les habite longtemps. Pour cela, le gouvernement devra se montrer plus audacieux dans l'accompagnement des initiatives prises dans ces secteurs.

Besoins grandissants

De l'économie au social, l'année 2019 qui s'achève a été aussi caractérisée par une accumulation de besoins sociaux tout aussi pressants que persistants. A côté du paiement régulier des salaires des fonctionnaires, la mauvaise note concerne le sort des agents des établissements à budget de transfert comme l'Université Marien-Ngouabi ou encore le Centre hospitalier universitaire de Brazzaville qui accumulent des arriérés. Pour leur part, les étudiants ont presque compris qu'ils devaient faire le choix de ne pas abandonner leurs études en gardant l'espoir qu'un jour la question de leur bourse serait résolue. Les sinistrés des différentes calamités, tout comme les ayants droit des sites expropriés pour l'intérêt public, demeurent à l'écoute.

Plus largement, le social ne se limite plus à la situation des agents de l'Etat ou du secteur privé payés ou non. Il est aussi environnemental. Le phénomène des érosions des sols auquel s'est ajouté celui des inondations a porté un grand coup à la quiétude de la population partout dans le pays. Là-dessus également, malgré l'ampleur des désastres, les familles touchées sont en quête de cette solidarité qui se traduit par un apport en produits de première nécessité, des visites de terrain et des messages touchants des plus hautes autorités. C'est ici que la vulgarisation des appels à la préservation des écosystèmes et à la meilleure urbanisation des villes congolaises prennent tout son sens. On peut aussi répéter plusieurs fois que Brazzaville et Pointe-Noire, comme jamais, ont besoin de gros investissements pour leurs voiries fortement dégradées.

Dialogue

Dans ce même ordre d'idées, après des années de violences, le retour de la quiétude dans le département du Pool recèle un axe social qui se décline sous le module réinsertion des ex-combattants. La signature de l'accord du 23 décembre 2017, entre le gouvernement et le pasteur Ntoumi, avait été saluée comme un cadeau de Noël. Les parties contractantes devraient garder à l'esprit de mener à leur terme, par le dialogue, les engagements qu'elles ont pris.

En parlant du dialogue, on peut être tenté d'embrayer sur les échéances électorales mentionnées plus haut : l'élection présidentielle en 2021, et les élections législatives en 2022. Le moment est venu de poser les bases d'une compétition qui ne s'apparente pas au retour aux déchirements comme les acteurs politiques nous l'ont souvent montré par le passé. Par conséquent, la concertation mérite de prendre toute sa place les jours à venir dans un climat bannissant la suspicion stérile. La concertation est aussi ce qui motive le gouvernement et le patronat à harmoniser leurs vues dans la perspective du traitement de la dette intérieure, une des conditionnalités de l'accord avec le FMI.

Le 14 août dernier, à la veille de la fête de l'indépendance, le président de la République recommandait à ses compatriotes d'œuvrer à la consolidation de la paix, la stabilité des institutions, le renforcement de la gouvernance, la diversification de l'économie, le bon voisinage et la coopération au service du développement. Il se pourrait, cela relèverait d'une bonne logique, qu'il ne déroge pas à la règle de rappeler ces grandes thématiques dont l'actualité n'est plus à démontrer, dans la mesure où elles conditionnent le vivre ensemble.

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