Ile Maurice: PSAC 2019 - L'Aryan Vedic reste au-dessus du lot

13 Décembre 2019

Larmes de joies, cris de bonheur, bisous distribués... Les expressions sur les visages des parents n'ont cessé d'évoluer en l'espace de quelques secondes. Ils sont tous fiers des résultats de leurs petits, qui ont passé ces six dernières années sur les bancs de l'école P. C. K Aryan Vedic Hindu Aided School, à Vacoas.

Justement, pour Ratna Jawaheer, mère d'Akhil Rughoo, les efforts de son fils ont été récompensés. «Depuis la Grade 4, il est un élève très appliqué. Du coup, l'on s'attendait à de bons résultats de sa part et il les a obtenus.» Enseignante au collège Dr Maurice Curé, elle souligne néanmoins que le travail est loin d'être terminé pour son cadet. «Il a obtenu le collège Phoenix SSS, et maintenant, il sait qu'une autre aventure l'attend.»

Même son de cloche du côté de Noorzaman Kaudeer. Selon cette dernière, qui accompagne Ra'ed Rujubally (à g.), il ne faut pas relâcher la pression. «Je suis satisfaite qu'il ait pu obtenir le Dr Régis Chaperon SSS. On doit à présent se préparer pour la suite.»

De son côté, Raffique Sayfoo, père de Muhammad Suhail Sayfoo, n'en démord pas: «Il faut bosser dur pour réussir ses études. Et prendre des leçons est un mal nécessaire». Quant à Leena Ramkorun, la réussite de sa petite Givesha est avant tout une histoire d'éducation parentale. «Hormis les études, il faut aussi que les parents assument leurs responsabilités et éduquent leurs enfants. Je suis heureuse que ma petite soit admise au collège Hindu Girls, qui se situe non loin de mon domicile.»

Avec plus de 97 % de réussite dans l'établissement, le maître d'école ne peut qu'afficher le sourire. Prithiviraj Suddul n'officie à ce poste que depuis un an et demi. Il est satisfait d'avoir déjà apporté sa pierre à l'édifice. «Mon prochain objectif est d'atteindre 100 % de réussite. C'est un défi que je me lance pour l'année prochaine.»

Émotion à Bambous et Cascavelle

Elles croyaient en leurs élèves et n'ont pas été déçues. Deux écoles de la Zone d'éducation prioritaire (ZEP), dans l'Ouest, ont pu prouver que chaque enfant a du potentiel si on lui donne les moyens de réussir.

«Le taux de réussite est passé de 48,8 % à 51,4 % en un an», souligne le directeur de l'école du gouvernement Bambous A, Premanand Kaniah. Une de ses élèves a même obtenu quatre unités. «Je suis très content et cela nous motive à poursuivre notre travail, les enseignants et moi.»

Le maître d'école soutient que l'État doit prendre en compte les sacrifices et le dévouement des parents et des enfants eux-mêmes. «Ces enfants vivent dans un environnement qui ne leur per- met pas d'étudier aisément. Cela arrive que certains d'entre eux ne puissent pas faire leur homework à la nuit tombée car il n'y a pas d'électricité chez eux», fait-il comprendre. «Lorsqu'ils obtiennent des résultats brillants, ils doivent avoir l'opportunité de continuer les études dans une meilleure école, où ils pourront progresser davantage.» Du côté de Cascavelle Government School, également du système ZEP, la fête est au rendez-vous. Les enseignants ont invité les élèves ainsi que les parents à une collation pour célébrer la bonne nouvelle. La performance a grimpé de 50 à 67,6 %. «Depuis cinq ans, d'année en année, nous faisons de notre mieux pour hausser le niveau», affirme le maître d'école, Pradip Ragoonath.

Tishabaye Cooshna, une de ses élèves, a le sourire jusqu'aux oreilles. Elle a réussi ses examens avec 13 unités. «Je craignais d'avoir échoué», nous confie la petite. Elle adore les animaux. «Elle s'occupe tous les jours de ses chats, à la maison», nous indique sa mère Anjanee Cooshna (à dr.). Tishabaye Cooshna souhaiterait étudier les sciences afin d'être vétérinaire.

Pourquoi le niveau de certaines «Star Schools» baisse ?

Bien que certaines écoles continuent à être sollicitées par des parents en raison de leur performance, force est de constater que leur taux de réussite est en déclin graduel. Du moins, c'est le constat de Vinod Seegum, président de la Government Teachers' Union.

Tout en rappelant que ce syndicat a été favorable à l'introduction du Nine-Year Schooling, son président déplore, toutefois, la disparition des «A+» (plus de 90 points). Les élèves obtiennent, en effet, un «A» à partir de 75 points. «Du coup, il y a eu un relâchement. Il n'y a aucune nécessité de travailler dur, comme avant, pour obtenir un 'A'. C'est le cas dans tous les niveaux, pas uniquement la Grade 6», décrie Vinod Seegum. Selon lui, il faut rehausser le barème afin que les élèves n'obtiennent de «A» qu'après avoir obtenu au moins 85 points.

Pour le syndicaliste, les smartphones ont aussi contribué à la baisse du niveau. «Les élèves passent leur temps dessus. Il n'y a plus cette culture de lecture, alors qu'auparavant, les élèves en étaient amoureux. C'est connu, lorsque vous lisez, vous écrivez mieux. Lontan, kan proféser pé korizé, li ti bizin éna diksioner ek li parski éna mo li pa ti mem koné ekzisté», laisse entendre Vinod Seegum. Il est d'avis qu'il faut avoir une stratégie pour ramener les élèves à la lecture. «Il revient au ministère de l'Éducation de prendre l'initiative. Il faut y inclure les associations des parents d'élèves», suggère-t-il.

Plus de: L'Express

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