Niger: Malaise sur le nombre de victimes de l'attaque d'Inates

13 Décembre 2019

Le Niger a rendu un hommage national aux soldats d'Inates tués par des islamistes le 10 décembre. Si, dans leur ensemble, les Nigériens condamnent l'attaque, ils estiment que le chiffre de 71 morts est sous-estimé.

Sur le tarmac du groupement aérien de Niamey, 71 corps de soldats tués sont exposés pour un hommage national, en présence du président de la République, des corps constitués, des frères d'armes, des familles et des inconnus. Le président Mahamadou Issoufou s'est incliné devant la mémoire des soldats et salué leur bravoure.

Sur les visages des personnes présentes, c'est la consternation et la désolation. Certains ont le sentiment que le chiffre exact des morts n'est pas communiqué.

Moussa Akasar, directeur de publication du bihebdomadaire l'événement : "Quand le poste a été attaqué et décimé, les chiffres exacts indiqués par nos sources sont 70 morts et une trentaine de disparus. On ne sait pas où se trouvent ces soldats. On peut aujourd'hui dire que le bilan est plus lourd que celui avancé par le gouvernement nigérien."

Enquête réclamée

Pour Ibrahim Bana, acteur politique de l'opposition, le gouvernement entretient de nouveau le silence et met le doute dans l'esprit des Nigériens sur le bilan de cette attaque : "On n'a aucune idée du nombre de soldats portés disparus. C'est d'abord un sentiment de profonde amertume, dans un pays comme le Niger, où il n y a pas de chiffres exacts pour mesurer la douleur qui est celle des familles et du peuple nigérien."

Le droit au deuil

Trois jours après le drame, des voix s'élèvent pour exiger la vérité.

Issa Siradji, président du Mouvement des jeunes pour l'émergence du Niger, demande l'ouverture d'une enquête afin de dresser un bilan exact des victimes dont le chiffre pourrait, selon lui, dépasser la centaine : "Nous avions toujours demandé qu'une enquête soit diligentée pour donner de vraies informations et les vrais chiffres des morts. Il est à déplorer que certaines familles qui se sont déplacées pour écouter la liste des victimes n'ont aucune nouvelle. Ils n'ont entendu ni les noms ni des nouvelles de leurs proches."

Les familles des victimes préfèrent pour l'instant garder le silence. Mais elles souhaitent être mieux informées afin de pouvoir, le cas échéant, faire leur deuil.

Ne ratez pas ce que tout le monde regarde

Plus de: Deutsche Welle

à lire

AllAfrica publie environ 600 articles par jour provenant de plus de 140 organes de presse et plus de 500 autres institutions et particuliers, représentant une diversité de positions sur tous les sujets. Nous publions aussi bien les informations et opinions de l'opposition que celles du gouvernement et leurs porte-paroles. Les pourvoyeurs d'informations, identifiés sur chaque article, gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. En effet AllAfrica n'a pas le droit de modifier ou de corriger leurs contenus.

Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica. Pour tous vos commentaires ou questions, contactez-nous ici.