Congo-Kinshasa: 2ème Forum sur la décentralisation - Les provinces mises à l'épreuve

15 Décembre 2019

Les assises du 2ème Forum sur la décentralisation débouchent finalement sur un entendement commun des leaders provinciaux et locaux sur la question de développement qui implique la satisfaction des besoins sociaux de base.

Le Premier ministre Sylvester Ilunga tout comme le ministre d'Etat en charge de la Décentralisation et réformes institutionnelles, Azarias Ruberwa, l'ont souligné en des termes clairs à l'attention des participants venus de toutes les provinces, le pari du développement concerne tout le monde.

C'est pour donner un nouveau visage à la décentralisation qu'il vient de se tenir, du 11 au 14 décembre 2019 à Kinshasa, le 2ème Forum national sur la décentralisation avec pour thème principal « L'évaluation de la décentralisation, 13 ans après sa mise en œuvre ».

L'intérêt que les participants, à savoir acteurs des exécutifs et organes délibérants des provinces et des entités territoriales décentralisées, ont manifesté à ce forum est d'autant plus justifié, selon le Premier ministre, représentant personnel du chef de l'Etat à la clôture des assises car, indique-t-il, « la question de développement qui était au centre de la rencontre est le fondement de toute notre existence en tant que citoyen ».

Tout le monde s'est accordé, et le ministre d'Etat en charge de la Décentralisation et Réformes institutionnelles, Azarias Ruberwa, l'a si bien répété : « La décentralisation, une fois bien appliquée, conduit inéluctablement au développement ».

Ainsi,quatre jours durant, les participants se sont adonné à réfléchir sur le devenir de la décentralisation choisie depuis 2005 lors du référendum populaire organisé. Les 10 commissions mises en place au cours de ce forum ont axé l'essentiel de leurs réflexions sur des questions majeures de l'état des lieux de ce processus.

Les participants se sont interrogés sur les failles constatées autour de l'appropriation effective de la décentralisation, sur l'effectivité des compétences et des ressources transférées, sur les difficultés quant à l'optimisation du renforcement des capacités et sur la problématique de la tenue d'élections provinciales, urbaines, municipales et locales.

Des autres préoccupations des participants, l'on a noté l'état des lieux des outils de planification, du renforcement des institutions provinciales et du rapport de coordination entre l'Etat central et les provinces et entre ces dernières et les ETD, sans compter le financement des ressources et financement de la décentralisation.

Traduire les recommandations en actes

Sur l'ensemble des préoccupations soulevées, le forum a retenu des recommandations d'ordre général et celles spécifiques. Au titre des recommandations générales, l'on a noté le respect et l'application des textes législatifs et réglementaires en matière de décentralisation, le renforcement des capacités de tous les acteurs clés de la décentralisation, l'affectation d'un budget conséquent en faveur de la décentralisation, la concertation permanente entre les trois paliers de gouvernance, à savoir : le pouvoir central, la province et l'entité territoriale décentralisée, pour une mise en œuvre harmonieuse du processus de décentralisation, etc.

Entretemps, il a été proposé que le 11 décembre de chaque année, soit la journée nationale dédiée à la décentralisation.

S'agissant des recommandations adressées au gouvernement, le Premier ministre Ilunga Ilunkamba a promis de veiller personnellement à leur mise en œuvre, en sa qualité de chef de l'exécutif. Il a appelé, à cette occasion, les responsables à tous les niveaux de faire en sorte que la décentralisation se vive au quotidien dans leurs sphères d'activités.

Dans son intervention, le ministre d'Etat en charge de la Décentralisation et Réformes institutionnelles a invité les leaders à la responsabilité. Il s'agit des présidents des assemblées provinciales, des gouverneurs de provinces, des ministres provinciaux, des députés provinciaux, des maires de villes et des bourgmestres. Ils doivent tous faire preuve de vision, avoir la psychologie des gagnants, agir en toute maturité et de manière pondérée.

Ces acteurs doivent également faire preuve d'intégrité en public et en privé, de compétence, de courage et surtout de développer de manière permanente le dialogue et le consensus pour éviter des conflits.

L'appel, mieux, le sermon de Me Azarias Ruberwa à tous ces acteurs provinciaux, s'est résumé en la pratique des valeurs. Ce qui implique la transparence et la bonne gouvernance.

Ainsi, avec un mode de gestion où le dialogue sera permanent, les rapports entre les deux institutions provinciales ne seront que cordiaux. Et même si le contrôle de l'action du gouvernement provincial par l'assemblée provinciale devra se faire dans le cadre tracé par la Constitution et la loi portant principes fondamentaux de la libre administration des provinces, dans tous les cas, chaque fois que certaines circonstances particulières l'exigeront dans l'intérêt supérieur de la population, les institutions provinciales sont priées de privilégier la concertation.

Par ailleurs, le gouvernement de la République envisage au cours de prochains exercices, des voies et moyens de relever le budget de ce secteur.

Déjà dans le budget 2020, une belle part est allouée aux secteurs de base. Et là où la rétrocession allouée aux provinces ne sera pas à même de pourvoir au relèvement du niveau de vie des concitoyens, la Caisse nationale de péréquation s'invitera pour financer les projets et programmes d'investissements publics en vue de booster le développement dans les provinces et les ETD.

Le prochain rendez-vous d'évaluation est fixé dans deux ans, le 11 décembre 2021, à Lubumbashi. L'annonce a été faite par le ministre d'Etat Azarias Ruberwa.

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