Congo-Kinshasa: Présidente et Initiatrice de l'Asbl «TMM» - Christella Kiakuba s'insurge contre des inégalités à l'égard des hommes en uniforme ainsi que leurs enfants

D'une vingtaine révolue, Christella Kiakuba, fille de militaire et éprise d'altruisme et de philanthropie, a fondé, de concert avec son frère et quelques autres compères (filles et fils des militaires), l'Asbl Telema Muana Mapinga, depuis 2013.

Les objectifs de cette structure sont, entre autres, la scolarisation des enfants des militaires et policiers en leurs dotant des écoles ; l'autonomisation de ces enfants par des formations professionnelles adéquats ; la mise en place d'un cadre d'échanges pour l'encadrement des adolescentes et filles-mères ; ainsi que l'accompagnement de ces filles-mères pour une meilleure réinsertion dans la société. Interrogée, jeudi 12 décembre par votre journal, Christella Kiabuka a fustigé les inégalités auxquelles font face les hommes en uniforme ainsi que leurs progénitures.

Elle a, à cet effet, appelé tout un chacun à veiller sur l'égalité sociale entre civiles et militaires, tout en espérant une vie meilleure de tous les enfants des militaires et policiers. Ci-dessous, l'intégralité de son entretien avec votre quotidien.

Seriez-vous en train de passer pour la défenderesse des droits des militaires et des policiers ?

Je suis citoyenne congolaise, et je défends les droits des enfants des militaires et des policiers. Car, dès ma naissance, j'ai bénéficié de la personnalité juridique que notre constitution reconnaît à tout citoyen. Je suis couvert par les mêmes droits que tout autre citoyen congolais, conformément à l'article 12 de la constitution.

Qui sont les militaires et policiers pour vous ?

Loin de moi l'attitude de défendre des bavures militaires et policières, je tiens surtout à ce que le peuple congolais comprenne la vraie vie de ces messieurs et dames qui assurent leur sécurité ainsi que celle de leurs biens. Ces messieurs et dames qui sont prêts à donner leurs vies en défendant l'intégrité territoriale de la RDC. Ce sont les véritables héros de notre nation.

Comment vous faites pour matérialiser vos projets et visions envers les enfants des militaires et policiers ?

Quand on veut, on peut, dit-on. Mais, puisque l'association a une vocation nationale, nous aurons besoins de beaucoup de choses. Pour être court, nos ressources proviennent de l'interne, c'est-à-dire, avec plus de 70 mille membres à travers la RDC, nous cotisons, partant aussi des dons et legs. Nous nous prenons en charge avec les produits des activités de l'association et des financements alloués par les collaborateurs. J'en profite pour convier les potentiels partenaires de bien vouloir se joindre à nous pour sauver des vies.

Qu'entendez-vous par les inégalités à l'encontre des militaires et policiers ainsi que de leurs dépendants dont vous faites allusion dans votre lutte ?

Vous savez ce qu'est la vie de ces vaillants héros ? La misère, alors la désolation malgré tous les loyaux services qu'ils rendent à la République. Leurs vies ne reflètent que d'inégalités notamment, en termes de logement. Ils vivent dans des hangars en tôles, ils se départagent des anciennes maisons construites par les belges qui n'ont jamais été réhabilitées. Inégalités éducatives, l'éducation de leurs progénitures, qui n'ont aucune chance. Les enfants étudient dans des écoles construites depuis plus de 40 ans et qui souffrent de manque de réhabilitation. Dans ces écoles des camps, les bancs et pupitres constituent un luxe. Inégalités alimentaires, pas d'eau potable dans les camps depuis plusieurs années. Des inégalités à l'accès aux soins de santé ou encore à un travail décent pour les enfants des militaires. En gros, choisir l'armée ou la police est un péché dans mon pays. Car, c'est synonyme de la misère.

Qu'entendez-vous du Chef de l'Etat à ce sujet?

Nous, enfants des militaires et policiers, sommes conscients que les choses iront mieux dans les jours à venir, le Président Tshisekedi a tout notre soutien car le "Peuple d'abord", c'est le changement. Et nous demandons au Chef de l'Etat de mettre en œuvre les mécanismes évoqués, il y a presqu'un an, en vue d'améliorer les conditions des camps des militaires et policiers, sans oublier les salaires de ceux-ci. Et, j'en profite pour dire aux enfants des militaires et policiers de se lever, de prendre conscience car, demain se prépare aujourd'hui à l'image de notre slogan : «Telema Muana Mapinga, po lobi okoma moto !» [Lève-toi, enfants des militaires et policiers, pour être utile demain, ndlr].

Qu'avez-vous fait jusqu'ici dans le cadre de soutenir vos frères et sœurs enfants des militaires ?

Dieu aidant, nous avons jusqu'ici distribué des kits scolaires à plus de 500 élèves de 2 écoles des camps Lufungula et Kokolo, construit 2 salles de classes au camp Kabila, acheté des macarons pour l'examen de fin d'études primaire à plus de 85 élèves de l'E.P 5 et 6 du camp Kabila. Nous avons fait une tournée pour sensibiliser les finalistes des humanités dans 3 différentes écoles de 3 camps avec un message : "le diplôme d'Etat est une clé qui peut ouvrir plusieurs portes". Nous avons aussi payé des frais de participation aux examens d'Etat pour plus de 30 élèves orphelins des militaires et policiers ; récemment nous avons remis plus de 13 bourses d'études universitaires à 13 lauréats pour les 5 prochaines années académiques, etc.

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