Afrique: COP25 - La réunion n'a répondu à l'urgence climatique

Un parc d'éoliennes près de Nouakchott, la capitale de la Mauritanie, vise à donner à davantage de gens un accès à des sources d'énergie renouvelable.

Malgré les exhortations multipliées à Madrid, la capitale espagnole, à agir vite et fort pour sauver l'humanité qui subit les assauts du dérèglement climatique, à l'ouverture de la conférence de l'ONU, les assises n'ont pas été à la hauteur des attentes.

Au terme des travaux, le 15 décembre, un accord à minima y a été adopté d'autant plus que les participants ne se sont pas accordés sur des points essentiels en raison de la réticence de certains Etats. Ce qui a fortement déplu au secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres. « La communauté internationale a raté une occasion importante de faire preuve d'une ambition plus grande en matière d'atténuation (réduction des émissions de gaz à effet de serre), d'adaptation et de financement de la crise climatique », a-t-il indiqué dans un communiqué. « Je suis déçu du résultat de la COP25 », a ajouté Antonios Guterres, soulignant que les Nations unies n'abandonneront pas leur combat pour que les Etats prennent plus d'engagements à propos.

Cette COP « laisse un goût doux-amer », a commenté, quant à elle, la ministre espagnole de l'Environnement, Teresa Ribera, malgré le fait que le texte final appelle à des « actions urgentes » pour réduire l'écart entre les engagements et les objectifs de l'Accord de Paris de limiter le réchauffement à +2°C, voire +1,5°C. Catherine Abreu, de Climate action network, pense également que le sommet de Madrid a été un échec parce qu'il est parvenu à un résultat « médiocre ».

De toutes les conclusions qui ont été arrêtées, et malgré les améliorations, certains pays particulièrement touchés par les dérèglements climatiques ont exprimé leur colère. Le résultat « n'est pas proche du tout de ce que nous voulions. C'est le strict minimum », a dénoncé, par exemple, la représentante climat des Iles Marshall, Tina Stege.

De son côté, Helen Mountford, du think tank World resources institute, qui a jugé que l'esprit de l'Accord de Paris n'était plus qu'un « lointain souvenir » durant la rencontre de Madrid, a souligné que les discussions qui s'y sont déroulées « reflètent le décalage entre les dirigeants d'un côté et l'urgence montrée par la science et les demandes des citoyens dans les rues de l'autre».

Selon des spécialistes, au rythme actuel des émissions de CO2, même si les quelque deux cents signataires de l'Accord de Paris respectent leurs engagements, le réchauffement pourrait dépasser les 3°C. Pour tenter de se conformer à ce texte ou d'agir davantage, tous les Etats doivent soumettre d'ici à la COP26 à Glasgow, en Grande-Bretagne, l'année prochaine, une version révisée de leurs plans de réductions d'émissions. Au sujet de la prochaine conférence climat, la jeune militante Greta Thunberg a prévenu que la préparation de la rencontre va se faire sous la pression de la rue. « La science est claire, mais ignorée. Quoi qu'il arrive, nous n'abandonnerons pas. Nous ne faisons que commencer », a-t-elle lancé sur Twitter. Signalons que les deux semaines de discussions dans la capitale espagnole ont mis en pleine lumière une division flagrante au sein de la communauté internationale en matière d'ambition sur le climat.

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