Mali: L'opposition boycotte le dialogue national inclusif

2ème journée du dialogue national inclusif,
16 Décembre 2019

Le dialogue national inclusif a débuté à Bamako. Les ex rebelles de la CMA (Coordination des mouvements de l'Azawad) prennent part aux travaux. Mais l'opposition a décidé de boycotter les travaux.

Les autorités souhaitent que les travaux de ce dialogue national inclusif se déroulent dans "la vérité, la sincérité et la convivialité", pour parvenir à des pistes de solution de sortie de crise au Mali.

Plusieurs commissions travailleront en ateliers jusqu'au 22 décembre autour des thématiques liées à la paix, la gouvernance ou encore la réconciliation nationale.

Selon le président Ibrahim Boubacar Keita, il s'agira pour les participants "d'ausculter le pays pour voir quel est son mal et comment le soigner".

Depuis plusieurs mois, les concertations préparant ce dialogue national se tenaient dans les régions, cercles et communes du pays. Conduit par un triumvirat et le président de la commission d'organisation, les assises ont pour objectif de "permettre à chaque Malien de pouvoir dire son mot", en favorisant le dialogue entre Maliens afin de trouver des solutions idoines aux multiples problèmes que connait le pays.

Participation de la CMA

Après avoir suspendu sa participation aux consultations, la Coordination des mouvements de l'Azawad (CMA) est finalement représentée aux assises de Bamako.

Les ex rebelles ont en effet convenu avec le gouvernement que toutes modifications éventuelles du contenu de l'accord pour la paix et la réconciliation nationale seront assujetties à un consentement express de toutes les parties signataires et après avis du comité de suivi, conformément à l'article 65 de l'accord issu du processus d'Alger de 2015.

"Nous attendons de ce dialogue des discussions franches empreintes de courtoisie et nous appelons de tous nos vœux les participants à ce dialogue à ne pas en faire une tribune ou l'accord pour la paix et la réconciliation nationale doit être renégocié et rediscuté", a déclaré le porte-parole de la CMA, Aliou Ag Mohamed.

Celui-ci a invité les Maliens à s'approprier l'accord de paix signé en 2015 à Alger.

"Nous pensons plutôt que les maliens doivent mettre à profit cette tribune qui nous est offerte pour ceux qui ont un déficit de compréhension de l'accord de les faire comprendre cet accord", a-t-il conclu.

Boycott de l'opposition

Plusieurs partis et regroupements de l'opposition ont boycotté la rencontre. Il s'agit notamment du Front pour la sauvegarde de la démocratie présidé par le chef de file de l'opposition, Soumaila Cissé.

Dans un communiqué, le FSD a tenté de justifier son absence à ce dialogue : "Tel qu'il se déroule, le dialogue national inclusif à des finalités connues et une mise en scène ficelée qui sont absolument contraires aux intérêts du Mali."

Le ministre de la communication, porte-parole du gouvernement regrette cette décision de l'opposition mais réitère que les portes du dialogue national inclusif restent ouvertes à tous.

"Malgré la main tendue par le président de la République et les différentes démarches entreprises par le triumvirat - comité de trois sages chargés de piloter le dialogue national inclusif au Mali, une partie de l'opposition reste sur sa position parce qu'elle estime que les dés sont pipés et que les conclusions sont connues d'avance", a déploré Yaya Sangaré.

"Mais loin de là, il faudrait que nous nous accordions le minimum de confiance. Parce que la construction d'un pays doit reposer d'abord sur la confiance entre les acteurs qui travaillent aujourd'hui pour le bonheur du peuple malien", dit-il.

Retour d'ATT

Hasard du calendrier ou pas, l'ancien chef d'Etat malien Amadou Toumani Touré « ATT » est définitivement rentré au Mali dimanche après un exil de plus de sept ans à Dakar au Sénégal. Ses proches indiquent que son retour au pays n'a rien à avoir avec le dialogue national inclusif qui s'est ouvert samedi.

Amadou Toumani Touré a été renversé le 21 mars 2012 par l'armée. À l'époque, les auteurs du coup d'Etat avaient indiqué avoir agi face à l'incapacité du gouvernement d'ATT à gérer la crise dans le nord du pays, en proie à une rébellion touareg et aux activités de différents groupes islamistes armés.

Plus de: DW

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