Guinée Equatoriale: Condamnation de Teodorin Obiang Nguema - Ce n'est que justice

Photo: LePays
TEODORIN OBIANG
16 Décembre 2019

La Cour d'appel de Paris a condamné hier, à 4 ans de prison, 10 millions d'euros d'amende, et la confiscation des biens estimés à plusieurs millions d'euros, le fils du président équato-guinéen, Teodorin Obiang Nguema, dans le procès relatif aux biens mal acquis.

Faut-il le rappeler, Téodorin Obiang Nguema était accusé de s'être constitué un patrimoine mobilier et immobilier de plusieurs millions d'euros en France. Le moins que l'on puisse dire, c'est que cette condamnation du fils du président de la Guinée Equatoriale est une victoire pour les partisans de la transparence financière.

Et il faut souhaiter que ce procès ouvre la voie à bien d'autres dans le cadre de l'affaire des « biens mal acquis ».

Tout le mérite revient à l'association Sherpa et à Transparency International qui, il y a une décennie déjà, avaient porté l'affaire devant la Justice ; allant jusqu'à se charger de protéger et défendre les populations victimes de crimes économiques.

Ils accusent bien des dirigeants africains de s'être bâti un riche patrimoine dans l'Hexagone, en partie alimenté par l'argent de la corruption et les détournements de fonds publics de leurs pays respectifs.

Sont dans leur collimateur Denis Sassou Nguesso du Congo, feu Omar Bongo et son clan du Gabon, Paul Biya du Cameroun, Théodoro Obiang Nguema de la Guinée Equatoriale et sa famille, etc.

La pression diplomatique sur laquelle Téodorin comptait, ne lui a pas permis de s'octroyer une immunité

Dans le dernier cas cité, la France n'était pas le seul pays à lui demander des comptes. On se rappelle, en effet, qu'en octobre 2014, la famille Obiang avait fait contre mauvaise fortune bon cœur, en renonçant à la bagatelle de 30 millions d'euros aux Etats-Unis, dans le cadre d'un accord passé avec la Justice américaine.

C'est dire donc qu'il n'y a pas de fumée sans feu. Du reste, cette condamnation est la preuve que la famille Obiang a cassé du sucre sur le dos des Equato-Guinéens. L'on comprend d'ailleurs pourquoi elle ruait dans les brancards. N'est-ce pas parce qu'elle savait qu'elle avait très peu de chance de s'en sortir?

En tout cas, il faut tirer le chapeau à la Justice française qui ne s'est pas laissée intimidée outre mesure malgré les tentatives de mettre un terme à la procédure.

L'on se rappelle que Téodorin Obiang Nguema avait invoqué son statut de deuxième vice-président de la Guinée Equatoriale pour faire annuler les poursuites engagées à son encontre.

C'est dire si la pression diplomatique sur laquelle il comptait, ne lui a pas permis de s'octroyer une immunité. Et c'est tant mieux pour les Equato-Guinéens.

Du reste, ce n'est que justice. Ce procès doit servir de leçon à tous ces fils à papa qui veulent satisfaire leurs lubies avec l'argent du contribuable.

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