Mauritanie: Le conseil d'administration du FMI achève les consultations de 2019 au titre de l'article IV

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Le 11 décembre 2019, le conseil d'administration du Fonds monétaire international (FMI) a achevé les consultations de 2019 au titre de l'article IV [1] avec la République islamique de Mauritanie. Lors de la même réunion, le conseil d'administration a également achevé la quatrième revue de l'accord triennal en faveur de la Mauritanie au titre de la Facilité élargie de crédit ; un communiqué de presse à ce sujet a été publié séparément.

La Mauritanie est confrontée aux défis d'un pays à faible revenu dont les besoins en développement sont considérables et qui dépend de ses exportations de produits de base.

L'économie a souffert de la chute des prix à l'exportation des matières premières en 2014-15, et les autorités ont pris des mesures énergiques pour rétablir la stabilité macroéconomique.

Depuis fin-2017, le programme économique des autorités a été soutenu par un accord triennal au titre de la Facilité élargie de crédit couvrant la période 2017-20.

Néanmoins, des défis considérables restent à surmonter pour atteindre une croissance élevée et plus inclusive, ainsi que pour réduire sensiblement la pauvreté et les inégalités. La pauvreté demeure élevée, les indicateurs sociaux sont faibles et les infrastructures sont limitées.

La croissance devrait s'accélérer à 6,9 % en 2019, en hausse par rapport à 3,4 % l'an dernier, portée par le dynamisme à la fois des secteurs extractifs et non extractifs, ainsi que par des termes de l'échange favorables.

La stabilité macroéconomique a été maintenue, les réserves officielles ont augmenté, le ratio de dette extérieure/PIB a baissé et des marges budgétaires ont été créés grâce à la bonne tenue des recettes fiscales hors secteur extractif, quoiqu'aussi du fait de la sous-exécution des investissements publics. Les réformes structurelles ont avancé, quoiqu'avec quelques retards.

Les perspectives économiques se sont améliorées, grâce à des termes de l'échange favorables, mais les risques restent élevés.

La croissance devrait dépasser 6 % en 2020 et durant les années suivantes, portée par la poursuite de l'expansion de la production minière, le développement à venir d'un champ gazier offshore de grande taille et une forte demande intérieure.

Cependant, les risques demeurent élevés en raison du ralentissement de l'économie mondiale, de la volatilité des cours des produits de base et des menaces sécuritaires dans la région du Sahel.

Évaluation du conseil d'administration [2]

Les administrateurs saluent la forte performance macroéconomique de la Mauritanie dans le cadre du programme appuyé par la FEC, ainsi que l'engagement continu des autorités vis-à-vis des objectifs du programme. Ils notent que bien que les perspectives économiques soient favorables, l'économie fait face à des risques extérieurs à la baisse.

Ils soulignent que la continuation de la mise en œuvre de politiques solides et de réformes structurelles, ainsi que l'utilisation de l'espace budgétaire de manière efficiente, sont essentielles pour consolider la stabilité macroéconomique et la viabilité de la dette, ainsi que pour atteindre une croissance durable et plus inclusive afin de réduire la pauvreté chronique et les inégalités.

Les administrateurs notent avec satisfaction que les autorités ont l'intention de continuer de mener une politique budgétaire prudente tout en utilisant l'espace budgétaire disponible pour augmenter les dépenses sociales et en infrastructures afin d'aider à atteindre les objectifs de développement durable (ODD).

Ils soulignent l'importance de maintenir des excédents budgétaires primaires dans le moyen terme et de recourir principalement à des emprunts concessionnels. Les administrateurs appellent à continuer les efforts pour renforcer la mobilisation des recettes et rationaliser les dépenses courantes.

La priorité doit être donnée au renforcement de l'administration des impôts et des douanes et à l'élargissement de l'assiette des impôts.

Les administrateurs soulignent aussi l'importance d'améliorer le cadre de préparation et d'exécution du budget, y compris en renforçant la gestion des investissements publics. Les administrateurs soulignent que l'établissement de cadres macro-budgétaires et institutionnels robustes sera essentiel pour gérer les futures recettes gazières.

Les administrateurs notent que la mise en place opérationnelle du cadre de politique monétaire et l'achèvement de la réforme du marché des changes officiel aideront à assouplir les conditions de liquidité et à soutenir la croissance et la compétitivité.

Pour améliorer la solidité du secteur financier et accroître la capacité des banques à financer la croissance économique et les petites et moyennes entreprises, les administrateurs appellent à agir pour renforcer les exigences prudentielles et le contrôle bancaire. Le renforcement du dispositif de lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme sera aussi important.

Les administrateurs encouragent à mettre en œuvre résolument les réformes structurelles visant à renforcer le climat des affaires, à améliorer la transparence du secteur extractif et à lutter contre la corruption.

Ils soulignent la nécessité de renforcer la gestion des finances publiques et d'aller de l'avant avec la stratégie nationale contre la corruption. Des mesures pour mieux assurer le financement des tribunaux et des institutions d'audit aideront.

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