Congo-Brazzaville: Santé - Les ménages assurent 32% de dépenses

Le taux des coûts sanitaires supportés par la population est révélé dans une étude réalisée par le gouvernement et ses partenaires pour faciliter les choix stratégiques en sécurisant les dépenses en la matière et résoudre l'équation de l'inéquité d'accès financier à la santé.

La restitution de l'enquête sur le financement de la santé au Congo s'est faite, le 18 décembre, à Brazzaville, sous l'égide du vice-Premier ministre, en charge de la Fonction publique, de la réforme de l'Etat, du travail et de la sécurité sociale, Firmin Ayessa.

Les données de l'analyse situationnelle et quantitative du financement de la santé dans le pays indiquent que plus de deux cent mille individus font face à une dépense catastrophique de santé avec un taux d'incidence de 19,5%. Les risques sanitaires sont deux fois supérieurs dans les couches les plus pauvres du fait des inégalités sociales. A celà s'ajoutent les difficultés pour matérialiser l'engagement politique, l'inadéquation du financement face aux besoins... Les risques de santé étant imprévisibles, les ménages supportent alors 32% des dépenses.

La même étude reconnaît les efforts déjà consentis par les pouvoirs publics pour faciliter l'accès aux soins de santé de qualité à moindre coût, en aplanissant les difficultés financières auxquelles la population est confrontée. Seulement, le seuil attendu n'est pas encore atteint. « Le gouvernement a fait le choix d'agir sur la protection financière face à la maladie et aux aléas s'y rapportant à travers l'opérationnalisation de l'assurance maladie universelle dont la mise en œuvre effective ne saurait tarder », a assuré le vice-Premier ministre.

La ministre de la Santé, de la population, de la promotion de la femme et de l'intégration de la femme au développement, Jacqueline Lydia Mikolo, a abondé dans le même sens. « Le Congo a augmenté son budget annuel du secteur de la santé, jugé stratégique. Celui-ci est passé de 5% en 2005 et 2015 à 10% entre 2016 et 2019 », a-t-elle indiqué, en soulignant que la situation financière difficile du pays n'a pas permis d'exécuter intégralement ce budget. Ce qui explique les écarts entre les budgets alloués et les décaissements effectifs.

Dans ce processus de sécurisation des dépenses de santé, l'étude souligne plusieurs opportunités. Ainsi, le potentiel d'élargissement de l'espace budgétaire à la faveur de la santé peut reposer sur deux piliers parmi tant d'autres. Il s'agit notamment de l'augmentation des ressources domestiques et la sécurisation des fonds prioritaires de santé, de l'amélioration de l'efficience technique et allocative du financement.

Selon les experts de la Banque mondiale qui ont contribué à la réalisation de cette enquête, la santé demeure un facteur de croissance économique puisque c'est le capital humain qui est la pièce maîtresse du processus. Quand la santé de la population est améliorée, la productivité est dynamisée, ont-ils fait constater. La ministre des Affaires sociales et de l'action humanitaitre, Antoinette Dinga-Dzondo, a, quant à elle, exhorté les techniciens congolais à analyser la faisabilité des propositions, surtout leur intérêt vis-à-vis de la population.

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