Sénégal: Manifestation envisagée contre la hausse du prix de l'électricité, à la Place de l'Independance - Vers un vendredi électrique !

20 Décembre 2019

La manifestation envisagée à la Place de l'Indépendance, ce jour, par le collectif « Noo Lank » contre la hausse du prix de l'électricité, risque d'être tout simplement... électrique. Pour cause, l'arrêté Ousmane Ngom qui interdit depuis le 20 juillet 2011 toute manifestation au centre-ville de Dakar, les sorties va-t-en guerre des pro et anti « Noo Lank », et la détermination des autorités à ne céder un pouce de terrain ont fini par concocter un cocktail explosif.

Le centre-ville de Dakar va-t-il renouer aujourd'hui, vendredi 20 décembre, avec la tension caractéristique des interdictions de manifestations, sur la base de l'arrêté Ousmane Ngom. En tout cas, force est de reconnaître que tous les ingrédients d'un choc frontal entre forces de l'ordre et protestataires semblent réunis, avec ce rassemblement annoncé par le collectif « Noo Lank », à la Place de l'Indépendance.

Après sa manifestation réussie à l'ex-Place de l'Obélisque, vendredi dernier, le dit collectif en croisade contre la hausse du prix de l'électricité et pour la libération de Guy Marius Sagna et cie, entend en effet faire monter d'un cran sa dynamique de combat. Aussi a-t-il annoncé un rassemblement à la Place de l'Indépendance, ce vendredi. Aliou Sané de Y'en a marre et Cie, informaient ainsi avoir satisfait à toutes les formalités pour exercer leur droit constitutionnel de rassemblement à la Place de l'indépendance. Ce deuxième plan d'action qui est une suite logique du bras de fer engagé par les activistes contre la hausse du prix de l'électricité, risque toutefois de se confronter au fameux arrêté Ousmane Ngom, qui interdit tout rassemblement ou manifestation au centre-ville de Dakar.

Les observateurs voient ainsi mal le préfet de Dakar, Alioune Badara Samb, autoriser le dit rassemblement, alors que depuis 20 juillet 2011 2011, toutes les actions de protestation au centre-ville de Dakar sont systématiquement interdites, voire réprimées par les forces de l'ordre. Et loin de calmer la situation, d'autres activistes proches du pouvoir auraient eux aussi déposer une demande de rassemblement sur le même lieu et à la même heure pour contrecarrer le collectif « Noo Lank ».

Dans le même temps, des acteurs de la scène politique à l'instar de l'ancien Premier ministre Souleymane Ndéné Ndiaye montent au créneau pour appeler l'Etat à mâter le collectif « Noo Lank ». Toute chose qui a fait sortir de leurs gonds des membres de la société civile comme Seydi Gassama ou du champ politique comme Moustapha Diakhaté qui n'ont pas manqué de fusiller l'ancien Pm de Wade.

Question : à quelle sauce sera mitonné le centre-ville de Dakar, en ce vendredi après-midi ? En tout cas, entre le collectif « Noo Lank » qui estime que la Constitution est «au-dessus d'un arrêté ministériel», le préfet de Dakar embrigadé par l'arrêté Ousmane Ngom, et les présumés contre-manifestants proches du pouvoir, çà risque d'être chaud bouillant au centre-ville que les forces ont commencé à investir depuis hier, jeudi. A moins que...

Plus de: Sud Quotidien

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