Afrique: Le conseil d'administration du FMI achève la troisième revue de l'accord en faveur du Burkina Faso au titre de la facilité élargie de crédit et approuve un décaissement de 24,9 millions de dollars

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Le conseil d'administration du Fonds monétaire international (FMI) a achevé aujourd'hui la troisième revue des performances du Burkina Faso dans le cadre du programme appuyé par la facilité élargie de crédit (FEC) selon la procédure de défaut d'opposition[1]. L'achèvement de la revue permet de décaisser 18,6 millions de DTS (environ 24,9 millions de dollars), ce qui porte le total des décaissements au titre de l'accord à 72,24 millions de DTS (environ 99,5 millions de dollars).

L'accord triennal au titre de la FEC en faveur du Burkina Faso a été approuvé le 14 mars 2018 (voir communiqué de presse n° 18/86) pour un montant équivalent à 108,36 millions de DTS (environ 149,3 millions de dollars, ou 90 % de la quote-part du pays au moment de l'approbation de l'accord). Le programme vise à créer un espace budgétaire pour les dépenses prioritaires en accroissant les recettes, en maîtrisant les dépenses courantes et en améliorant l'efficience de l'investissement public.

La mise en œuvre de la politique économique et des réformes dans le cadre du programme appuyé par la FEC a été satisfaisante. Tous les critères de réalisation quantitatifs et objectifs indicatifs pour fin juin 2019 ont été observés, de même que tous les repères structurels, à l'exception d'un seul, jusqu'à fin novembre 2019.

En dépit des problèmes de sécurité, la croissance économique reste résiliente et devrait se stabiliser à 6 % en 2019 et à moyen terme. L'inflation devrait être négative en 2019, du fait de la déflation des prix des denrées alimentaires après les bonnes récoltes récentes, et rebondir en 2020. Cependant, la crise sécuritaire représente un risque plus élevé pour les perspectives de croissance et sur l'agenda de réforme des autorités.

La politique budgétaire devrait être ancrée, en 2019 et en 2020, sur le critère de convergence de l'UEMOA, à savoir un plafond de 3 % du PIB pour le déficit budgétaire. En 2019, l'exécution du budget a été globalement conforme aux objectifs du programme, en partie grâce à des recettes non fiscales exceptionnelles. En 2020, la poursuite des efforts sur le plan des recettes et des dépenses contribuera à partiellement compenser la réduction attendue des recettes non fiscales exceptionnelles, afin de créer de l'espace budgétaire pour les investissements publics critiques et les dépenses sociales et de sécurité. Les autorités sont déterminées à redoubler d'efforts pour élargir l'assiette de l'impôt en continuant de simplifier et d'informatiser le système fiscal, de mettre en place un compte unique du Trésor pour améliorer la gestion de trésorerie, et de renforcer les capacités institutionnelles et la coordination des reformes des finances publiques.

Les réformes visant à freiner la croissance de la masse salariale progressent dans certains domaines, avec notamment la mise en œuvre de mesures transitoires de réduction du ratio de la masse salariale par rapport aux recettes fiscales. À cet égard, les autorités s'engagent à ne conclure aucun nouvel accord sur les salaires ou les indemnités en dehors du secteur de sécurité qui augmenterait la masse salariale. Entre-temps, les travaux techniques sur le niveau approprié de la rémunération dans le secteur public, ainsi que le dialogue avec les parties prenantes seront accélérés afin dégager un consensus autour d'une réforme globale à moyen terme.

Le mécanisme d'ajustement des prix des carburants sera mis en œuvre progressivement afin de réduire la charge budgétaire des subventions aux carburants. Afin d'améliorer la capacité de l'État à offrir une aide spécifique en temps voulu aux populations les plus vulnérables, les autorités redoubleront d'effort pour rationaliser les programmes existants du dispositif de sécurité sociale et améliorer le ciblage des bénéficiaires.

Il convient de mettre en œuvre des réformes structurelles plus larges afin d'accroître la productivité et la compétitivité et de favoriser une croissance inclusive. A cet égard, les autorités s'engagent à renforcer l'inclusion financière qui est importante pour réduire la pauvreté et favoriser une croissance tirée par le secteur privé.

[1] Le Conseil d'administration prend des décisions suivant la procédure dite du défaut d'opposition lorsqu'il convient qu'une proposition peut être examinée sans une réunion formelle.

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