Congo-Kinshasa: Aux sources des violences dans l'est de la RDC

20 Décembre 2019

Depuis plus de deux décennies, des groupes armés sèment la terreur dans l'est de la République démocratique du Congo. D'où viennent-ils et quels sont leurs intérêts ? Des éléments de réponse dans ce dossier.

Plus d'une centaine de groupes armés prolifèrent dans l'est de la République démocratique du Congo, en particulier dans quatre provinces : le Nord-Kivu, le Sud-Kivu, l'Ituri et le Maniema.

Parmi eux figurent des mouvements rebelles étrangers, les plus connus étant sans aucun doute les ADF ougandais et les FDLR rwandais. Mais il en existe d'autres, comme par exemple les rebelles burundais du RED-Tabara, des FNL et du Forebu, actifs dans la région d'Uvira, frontalière du Burundi dont ils sont originaires.

À cela s'ajoutent des milices d'autodéfense congolais comme les Maï-Maï, qui affirment défendre leurs communautés locales en profitant d'une "économie de guerre".

L'armée congolaise mène régulièrement des opérations contre les groupes armés mais elle n'a pas réussi à faire cesser les violences.

Soupçons de complicités et "bourgeoisie militaire"

Et pour cause, certaines unités des FARDC sont soupçonnées de complicité avec les rebelles. C'est le cas des unités engagées dans la lutte contre les ADF, des rebelles venus d'Ouganda dont les attaques ont causé la mort d'au moins 300 civils depuis 2017.

La nébuleuse ADF, qui s'est récemment ralliée au groupe Etat islamique, exploite les bois et les minerais et commet des massacres contre les populations locales, principalement autour de Beni, ville du Nord-Kivu.

Un rapport de l'ONU de mai 2015 évoquait déjà une "ample collusion" entre les Forces armées congolaises (FARDC) et les rebelles ADF. Quatre ans plus tard, le Groupe d'Etude sur le Congo parle d'une "bourgeoisie militaire" qui utilise le conflit pour faire des affaires.

L'armée congolaise dément formellement ces accusations.

Le rôle trouble des voisins de la RDC dans le conflit

Même à l'extérieur de la RDC, certains acteurs ont intérêt à la poursuite des violences. Le Rwanda et l'Ouganda sont soupçonnés de soutenir des groupes armés pour s'assurer le contrôle d'une partie de l'exploitation minière de l'est de la République démocratique du Congo.

À venir dans ce dossier : les pistes envisagées pour mettre un terme au cycle de violence et pacifier l'Est de la RDC.

Plus de: DW

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