Congo-Kinshasa: Exploitation des enfants dans les carrières minières en RDC - Microsoft, Apple, Tesla et Cie traduits en justice aux USA

Les firmes américaines dont Apple, Microsoft, Tesla, Dell Technologies et Alphabet sont, depuis le 16 décembre, traduites en justice par un collectif d'avocats, pour leur implication dans l'emploi et l'exploitation des enfants mineurs d'âges dans les carrières minières en RD. Congo.

Cette plainte accuse clairement ces compagnies d'être complices d'abus extrêmes au Congo-Kinshasa où est extrait notamment, le cobalt qui est le minerai principal dans la fabrication des appareils électroniques. Me Luc Fikiri Murefu qui est un des avocats initiateurs de cette procédure judicaire, a fait savoir, à travers une communication du vendredi 20 décembre dernier, que l'objectif est de pousser ces entreprises américaines d'arrêter de payer des minerais produits dans des zones des conflits et par des sociétés qui exploitent les enfants.

Ce juriste congolais a indiqué que cette plainte s'inscrit non pas seulement dans la ligne droite des lois du Congo-Kinshasa mais aussi à la «Dodd Frank Act ». Laquelle loi, initiée par le régime Obama, a principalement deux conditions, à savoir : l'interdiction aux firmes américaines d'importer les minerais produits, d'une part, dans des zones des conflits du Congo et, d'autre part, par les enfants mineurs.

Il a précisé que ces sociétés ont été traduites au niveau de la justice américaine et non congolaise pour éviter un certain favoritisme étant donné qu'elles ou encore leurs partenaires sont couvertes et protégées par des autorités congolaises. «Jusqu'à ce jour, c'est toujours dans notre pays que des enfants, même ceux de 8 ans, sont employés dans les carrières. Et les autorités ne punissent pas ces sociétés qui font recours aux mineurs. Nous savons aussi que plusieurs sociétés sont protégées ou appartiennent à certaines autorités du pays. Nous avons compris que ça ne servirait à rien de déposer notre plainte au Congo puisque ces entreprises sont couvertes.

Nous avons dans le passé adressé plusieurs lettres auprès de nos dirigeants, même à la présidence, sans avoir de suite favorable", a-t-il dit, avant de signifier, mordicus, que le but est que les enfants ne soient plus impliquées dans ces exploitations minières et que ces firmes stoppent le trafic des minerais de sang et produits par des mineurs. « C'est pour cette raison que nous avons décidé, ensemble avec d'autres confrères, de faire cette plainte au niveau de la Cour suprême de Washington contre toutes ces sociétés et grandes entreprises américaines qui fabriquent leurs appareils, à partir de cobalt, cuivre et autres minerais produits par des enfants et dans des zones en guerres. Nous fournissons des efforts pour que toutes les sociétés, comme Microsoft, Apple, Tesla et autres, qui paient des agents qui exploitent les mineurs dans les carrières, puissent arrêter. La pression est le seul moyen », a-t-il lancé.

A l'en croire, cette démarche est une preuve que les congolais se prennent en charge, pour ainsi sauver ces enfants qui souffrent et sont victimes de mutilations à force de travailler dans des conditions macabres. « La pression est le seul moyen. Ces enfants devraient normalement se retrouver à l'école mais se retrouvent dans les carrières. Ces sociétés devraient normalement encadrer les enfants. Mais, ce sont elles par contre qui les font souffrir. Mais, puisque le Congo ne veut pas se prendre en charge, c'est pour cela, nous, en tant que congolais, nous prenons en charge cette affaire», a déclaré Me Luc Fikiri.

Précisant, par ailleurs, que cette procédure ne vise pas un départ définitif des sociétés minières mais plutôt une bonne régulation. Ce congolais, ressortissant du Grand-Kivu, a invité le Chef de l'Etat à organiser des assises autour de la réglementation dans l'exploitation des minerais. Il sera question au cours de ce forum de renégocier par exemple les contrats miniers ainsi que peaufiner des mesures d'applications de la loi minière, pour qu'il n'y ait plus jamais de dérapages, a-t-il laissé comprendre.

Ne ratez pas ce que tout le monde regarde

Plus de: La Prospérité

à lire

AllAfrica publie environ 800 articles par jour provenant de plus de 140 organes de presse et plus de 500 autres institutions et particuliers, représentant une diversité de positions sur tous les sujets. Nous publions aussi bien les informations et opinions de l'opposition que celles du gouvernement et leurs porte-paroles. Les pourvoyeurs d'informations, identifiés sur chaque article, gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. En effet AllAfrica n'a pas le droit de modifier ou de corriger leurs contenus.

Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica. Pour tous vos commentaires ou questions, contactez-nous ici.