Burkina Faso: Lutte contre la pratique de l'excision - Les acteurs dressent un bilan positif

23 Décembre 2019

Le représentant du ministre en charge de la femme, Anselme Nikièma (milieu), s'est dit satisfait des résultats engrangés

La deuxième session du Conseil national de lutte contre la pratique de l'excision (CNLPE) s'est tenue, le vendredi 20 décembre 2019 à Ouagadougou.

Les Mutilations génitales féminines (MGF) ont la peau dure au Burkina Faso. En dépit des multiples actions, les résultats sont toujours mitigés. C'est justement pour cette raison que les acteurs chargés de la lutte contre la pratique de l'excision ont décidé de dresser le bilan de leurs activités à la faveur de la deuxième session ordinaire de l'année du Conseil national de lutte contre la pratique de l'excision (CNLPE) qui s'est tenue, le vendredi 20 décembre 2019 à Ouagadougou. Les échanges ont porté sur le thème : «Bilan et perspectives de la mise en œuvre du plan stratégique national de Promotion de l'élimination des mutilations génitales féminines (PSN-MGF 2016-2020)».

Pour la secrétaire permanente du CNLPE, Alphonsine Sawadogo, des acquis ont été engrangés et les résultats parlent d'eux-mêmes. «Grâce aux différentes activités menées sur le terrain, beaucoup de villages ont déclaré l'abandon de la pratique de l'excision», a-t-elle noté. Aussi, a-t-elle relevé, la multiplication des actions de plaidoyers auprès des maires, la formation des agents de santé communautaire et des journalistes, le renforcement des capacités des coordonnatrices régionales des associations féminines sont, entre autres, autant d'acquis à mettre dans le compteur de la lutte. Toutefois, l'arbre ne doit pas cacher la forêt. Elle a relevé des insuffisances.

En la matière, le directeur de cabinet au ministère en charge de la promotion de la femme, de la famille et de l'action humanitaire, Anselme Nikièma, représentant le ministre, a révélé qu'environ 185 filles ont été excisées dans la région du Sud-Ouest du Burkina au cours de 2019. « Il y a des poches de résistance », a déploré Mme Sawadogo. Elle se perd dans les dédales sombres de cette lutte, au regard de l'entêtement de certaines personnes qui continuent à exciser leurs filles. « Les gens en sont conscients mais le changement tarde à venir », a-t-elle regretté. De l'avis de Pierre Nikièma, il ne faut pas cependant baisser les bras quoiqu'il advienne.

Comme remède, Alphonsine Sawadogo pense à la responsabilisation des communautés. Mais, elle va plus loin en proposant une étude anthropologique pour bien comprendre les mobiles qui sous-tendent encore la persistance de cette pratique au Burkina Faso. « Les citadins envoient exciser leurs filles dans les villages parce que la pratique est entrée dans la clandestinité ; donc c'est une manière pour eux de se cacher pour le faire », a-t-elle souligné. Elle a affirmé que la sensibilisation va se poursuivre sans écarter la répression à l'encontre des fautifs.

« Les deux stratégies seront développées. Nous allons poursuivre les actions de sensibilisation, de conscientisation et de plaidoyer à l'endroit des différents leaders. Mais, la loi aussi doit être appliquée dans toute sa rigueur », a soutenu la coordonnatrice du CNLPE. Pour le vice-président d'honneur du CNLPE, Michel Akotionga, il y a de quoi espérer, vu la détermination des uns et des autres à inverser la tendance. « Aujourd'hui, tous les acteurs mettent le paquet pour éliminer cette pratique néfaste », a-t-il martelé.

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