Congo-Brazzaville: Recherche scientifique - La création d'une société savante d'herpétologie à l'étude

Le ministre de la Recherche scientifique et de l'innovation technologique, Martin Parfait Aimé Coussoud-Mavoungou, a sollicité le concours du Muséum d'histoire naturelle de Paris, en vue de l'implantation de la structure consacrée à l'étude des reptiles et des amphibiens en terre congolaise.

La création d'une société savante d'herpétologie à Brazzaville a récemment été évoquée lors d'une entrevue entre le ministre de la Recherche scientifique et Anne-Marie Ohler, professeur titulaire au Muséum d'histoire naturelle de Paris, venue au Congo pour contribuer à la soutenance de thèse sur « L'écologie du serpent » de Ange Ghislain Zassi-Boulou, premier herpétologue congolais.

Martin Parfait Aimé Coussoud-Mavoungou a souligné la nécessité d'un accord de partenariat particulier, finalisé et officiel entre l'Institut national de recherche en sciences exactes et naturelles (IRSEN) et le Muséum d'histoire naturelle de Paris pour la mise en place du dispositif.

« Le gouvernement travaille d'arrache-pied pour faire en sorte que l'herpétologie, les sciences exactes et naturelles puissent contribuer au bien-être du Congolais », a dit le ministre Coussoud-Mavoungou. Il a promis de veiller à ce que la mise en place de cette société soit effective au premier trimestre 2020.

Pour sa part, Anne-Marie Ohler a rassuré quant à la faisabilité du projet, expliquant que le Muséum d'histoire naturelle de Paris offre des formations spécifiques dans les domaines variés au niveau master et thèse.

« Le Muséum peut avoir des accords avec d'autres institutions pour l'accueil des étudiants des pays africains dans le cadre de la recherche scientifique », a-t- elle dit.

Anne-Marie Ohler s'est ensuite engagée à appuyer cette action avec des personnes formées, en y intégrant les écoles, les collèges et les lycées, pour les inventaires biologiques et la création d'une plateforme numérique et faire que l'herpétologie soit vulgarisée à tous les niveaux.

Certaines activités humaines mettent en effet l'homme en contact permanent avec la nature et par conséquent l'exposent aux animaux venimeux dont les serpents.

Des accidents et leurs effets collatéraux sont souvent sous-estimés à cause de la non maîtrise des données épidémiologiques dans les pays en développement.

En 2017, l'Organisation mondiale de la santé (Oms) a classé la morsure de serpent comme étant l'une des maladies tropicales négligées.

L'Oms estime qu'environ 5 millions de morsures de serpents et de piqûres d'insectes sont enregistrées chaque année pour mille à six mille voire plus de cas de décès et de mutilés.

Au Congo, le manque de données épidémiologiques ne permet pas d'apprécier le taux de mortalité lié aux envenimations. Toutefois, près de 20% d'espèces de serpents venimeux seraient à l'origine des envenimations.

La forte incidence des envenimations constitue un réel problème de santé publique en Afrique subsahariennee et les remèdes pour y faire face sont quasiment inexistants surtout au Congo.

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